mercredi 12 octobre 2016

Amok

Afficher l'image d'origineAmok de Stefan Zweig m. en scène de Caroline Darney (Théâtre de poche) °°
Très belle histoire de Zweig, très bien adaptée, mise en scène avec un joli jeu de lumière. L'acteur Alexis Moncorgé ( petit fils de Gabin) se donne totalement et réussit une performance remarquable. Ceci dit on entre pas si facilement dans le texte, le phrasé peut-être, un peu trop haché. Ses ruptures par contre sont très réussies. Et cela donne envie de relire Zweig: "la confusion des sentiments" ou " la pitié dangereuse" (Pas si éloignée d'Amok dans le propos) sont des chefs-d'oeuvre de la littérature.

samedi 8 octobre 2016

Dogs

Afficher l'image d'origineDogs de Bogdan Miricà 5roumanie/ Fr/ BUL/Qatar) °° 1h44
Cette histoire commence de façon magistrale par un travelling qui se finit par un "Ploc" génial à la surface d'un étang et de suite on est dans l'attente. Un homme débarque chez son grand-père qui vient de mourir pour découvrir et vendre son héritage. Mais cette ferme était aussi le lieu de traffics en tous genres et cela gène à l'horizon. S'en suivra une série de meurtres qu'un flic cancéreux essaiera de résoudre. Une sorte de western lent, qui ose l'humour ( scène du pied, le nom du chien) mais qui est surtout une vision noire et sans concession de la Roumanie. A découvrir.

Fuocoammare

Afficher l'image d'origineFuocoammare de Gianfranco Rosi (I) ° 1h49
Comment dire du mal d'un film qui parle d'un sujet aussi grave , aussi essentiel ? Impossible. ce film Ours d'or à Berlin est d'un ennui qu'on n'ose dire mortel. Le réalisateur a pris le parti de ne pas faire parler les acteurs de ces drames, de ne pas s'intéresser à leur parcours, à leurs vies. Du coup on n'apprend rien, on reste hors de leur douleur même si certaines images nous bouleversent avec des situations à vomir. Mais cela c'est 20 mn du film le reste sont des scènes du quotidien des gens de Lampedusa qui semblent ne pas être concernés par le drame qui se joue à leur porte. On s'éternise sur des scènes insignifiantes: un enfant mange bruyamment des spaghettis pendant une plombe, chasse au lance-pierres des oiseaux, une femme prend un temps infini pour faire son lit ou un animateur de radio qui fredonne des rengaines. Oui et alors: qu'en pensent-ils , comment le vivent-ils ? On ne le saura pas. Bof.

vendredi 7 octobre 2016

miss peregrine et les enfants particuliers

Afficher l'image d'origineMiss Peregrine et les enfants particuliers de Tim Burton (U.S) °°° 2h07
Enfin ! Enfin un bon film de Tim Burton, on l'attendait depuis longtemps. Le best-seller de Ransom Riggs était fait pour lui. C'est son univers et il s'en donne à cœur joie, pour notre plus grand plaisir. Ces enfants particuliers sont extrêmement attachants et Miss Peregrine charmante. Ils ont tous une tare, un don, quelque chose qui les rend à part et ensemble ils sont forts. Ils vivent une même journée depuis 1943 dans une bulle qui les protège du monde en guerre mais rodent des êtres maléfiques (Samuel J. Jakson glaçant) qui veulent leur manger les yeux pour être immortels. Il y a pas mal de magie, de poésie, d'humour et d'espoir: ce qui manquait aux précédents. A voir.

mercredi 5 octobre 2016

Poesia sin fin

Afficher l'image d'originePoesìa sin fin d'Alejandro Jodorowsky (Fr/Chili/Japon) °°° 2h08
Second volet de l'autobiographie loufoque et surréaliste de Jodorowsky. Maman chante toujours au lieu de parler. Papa a cessé de lutter contre les tyrans et en est presque devenu un. Il jouit quand il peut humilier un pauvre et traiter de pédés tout le monde. Bref notre héros se veut poète et cela ne plait pas. Il s'enfuit et rencontre quantité de personnages burlesques. C'est moins jouissif que " la Danza de la realidad" (n°1 au top du Daniloris) mais on y retrouve cette folie esthétique, 1000 idées à la seconde, les photos personnages, ou de train, un café Iris aux serveurs zombies, les gens masqués plongés dans l'anonymat, des nains, des clowns, une muse aux cheveux rouges, une traversée de la ville en ligne droite, des couleurs magnifiques de carnaval. Quand c'est réussi on s'abandonne à la magie, aux fantasmes, mais quelques fois c'est moins probant mais le plan d'après est de nouveau sublime. On est sur des montagnes russes entre bonheur total et regard plus critique. bref une vraie proposition de cinéma. Moi, je suis totalement preneur mais je sais que cela peut agacer. Pour une fois la formule à vous de voir est vraiment de mise.
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Les damnés de Luchino Visconti, m. en scène d'Ivo Van Hove ( Salle Richelieu, Palais des papes) °°°
Adaptation fascinante du film de Visconti. Côté jardin des vestiaires où chacun s'habille ou se déshabille selon ses scènes, côté jardin des cercueils qui vont accueillir les morts qui s'accumulent tout le long de la pièce et qui nous glacent le sang parce que filmés de l'intérieur sur grand écran. Une époque de terrorisme, comme la notre, dénoncée avec force par Van Hove, où l'épouvante d'un jour n'est que broutille par rapport à celle du lendemain. La voix de Hitler qui résonne contrairement à celles des dictateurs d'aujourd'hui qui agissent plus dans l'ombre. C'est du théâtre politique. Cette histoire de famille n'est qu'un prétexte à nous interroger sur notre passivité actuelle. La fin est une claque qui peut choquer. La mise en scène est tout simplement incroyable. A voir.

Juste la fin du monde

Afficher l'image d'origineJuste la fin du monde de Xavier Dolan (Fr/Canada) °° 1h37
On comprend que Gaspard Ulliel ait fui cette famille il y a longtemps. Elle est insupportable. Ce que l'on ne comprend moins, c'est ce besoin d'y revenir même pour annoncer une nouvelle si terrible que sa propre mort. Un coup de fil, une carte postale et puis c'est tout. Il n' y aurait pas eu de film mais bon, cela aurait évité toute cette hystérie incompréhensible, cette incapacité de communiquer. La pièce est déjà datée, c'est sans doute le problème. Par contre la façon de filmer de Dolan est intacte et impressionne toujours. Quel talent ! Les comédiens se donnent à fond filmés au plus près. Ulliel en retenue, Baye en folle peinturlurée, Cotillard en belle sœur effacée mais qui sera la seule à comprendre ( la scène des regards au début sauve à elle seule le film) Par contre les numéros Cassel-Seydoux m'ont agacés parce que pas justifiés. A voir de toutes façons.