samedi 30 mai 2026

Ennemis

 

Ennemis de David Valero (Esp) °°° 1 H 43 Prime V.

Deux adolescents de la banlieue de Valence. L'un harcèle l'autre depuis des lustres, l'humilie, le vole, l'autre d'une timidité maladive, n'arrive pas à se rebeller même quand on violente sa petite amie. Et si la vie nous donnait la possibilité de nous venger, que ferions nous? Christian Checa et Hugo Welzel sont formidables en jeunes hommes irréconciliables que les circonstances vont rapprocher contre toute attente. La mise en scène retranscrit parfaitement la vie de banlieue sans être misérabiliste, on est plus dans le questionnement philosophique que dans le film d'action habituel. A voir 

Cocotte

 

Cocotte de György Pàlfi (All/Grè/Hon) °° 1 H 37

Les dangereuses aventures d'une poule noire échappée d'un élevage intensif qui va découvrir la cruauté des humains. L'ouverture où l'on découvre l'usine d'élevage est assez horrible, quand on voit comment sont traités les poussins. Après maintes péripéties elle se retrouve dans un restaurant délabré tenu par un homme bougon pas si méchant mais qui abrite des trafiquants d'êtres humains ce qui n'arrangera pas sa situation. Arrivera t-elle à pondre un œuf tranquille et surtout à avoir des poussins. Suspense terrible. A voir.

Le Douanier Rousseau

 

Le Douanier Rousseau (Orangerie) °° 

Petit exposition qui essaie de nous faire changer d'idée sur lui, qu'il n'était pas que ce peintre de forêts exotiques (qu'il ne connaissait pas) mais quelqu'un d'ambitieux qui a essayé toute sa vie de se faire reconnaître avec un style nouveau et très personnel, avec de nombreux portraits, natures mortes et paysages de mer. Pourquoi pas.

vendredi 29 mai 2026

Recalé

 

Recalé de François Uzan (Fr) °° 1saison, 8 épisodes Netflix

C'est le genre de série un peu débile mais qu'on a beaucoup de plaisir à regarder, parce que c'est totalement absurde, truffé de clichés sur l'éducation nationale et pourtant comme le réalisateur en joue, cela devient jouissif. Le bug parcours sup, par exemple en est un exemple parfait. Son seul but est de nous divertir et les portraits des profs en sont un bon exemple. Invraisemblable, drôle, rythmé, léger. Alexandre Kominek est parfait en gougeât sympathique (il a quelques répliques ou gestes qu'on aurait bien aimé dire quand on sévissait...)  Mention spéciale pour les excellents Joséphine de Meaux, Sabrina Ouazani et Bérangère McNeese mais les autres sont très bien aussi. Pour le fun sans être exigeant.

L'objet du délit

 

L'objet du délit d'Agnès Jaoui (Fr) °°° 2 H 14

Plaisant. Je n'ai pas compris la charge assez dure sur ce film pourtant très clair sur les conséquences mal maîtrisées du Metoo. Une accusation "limite" d'agression sexuelle fout le bordel lors de répétitions d'un Opéra "Les noces de figaro" aux carrières des Beaux de Provence. Ce n'est pas parce qu'on a, ici, tous les points de vue, les contradictions, les rancœurs, les envies amoureuses pas toujours honnêtes, les vengeances, les jalousies etc... que le sujet n'existe pas ou qu'il est biaisé. Il doit être traité absolument. L'esprit de troupe s'effondre, le spectacle est compromis. Faut-il aller jusqu'au bout, annuler, malgré les sommes engagées, les comédiens, l'orchestre présent, les décors (hilarants) déjà fabriqués ? Bref suivre les wokistes ou s'arranger de vieux principes. "The show must go on". Agnès Jaoui jongle entre le féminisme d'antan, la hargne d'Eye Haïdara, le côté cucul de Oussama Kheddam, l'arrogance du Divo, et la naïveté de Claire Chust metteuse en scène novice. A voir.



jeudi 28 mai 2026

A bras le corps

 

A bras le corps de Marie-Elsa Sgualdo (Suisse/Fr) °° 1 H 36

Un film d'une facture classique mais qui aborde des sujets importants et actuels. 1943 une jeune fille abusée sexuellement par un jeune dandy suisse, va épouser un garçon du village, qui veut bien d'elle, pour cacher une grossesse "honteuse". ( première femme à ne pas épouser son violeur comme l'exige la loi) Mais la vie dans cette famille paysanne sera plus proche de l'esclavage, aussi elle va se rebeller à sa manière pour se libérer. Lila Gueneau est géniale de retenue, contrôlant sa colère, qui la pousse vers la liberté, sur fond de guerre  aux comportements souvent honteux de certains, comme Aurélia Petit (très bien) et Grégoire Colin. A voir.

mercredi 27 mai 2026

Courir à la catastrophe

 

Courir à la catastrophe écrit, joué et mis en scène par Antoine Heuillet (La flèche) °°° 1 H 10

Seul en scène sincère, drôle et émouvant par quelqu'un qui a vraiment quelque chose à dire. Il parle évidemment de lui, une histoire un peu fantasmée pour échapper à une famille catho aux idée conservatrices qui l'entraine à la manif pour tous par exemple. Mais son humour est élégant forgé des fragilités, des maladresses du garçon qui cherche une place dans ce nouveau monde qu'est la capitale. C'est sobre, respectueux, avec des pointes de provocation: tout ce qu'on aime. A voir. (A la rentrée il sera au théâtre du "petit St Martin". 

Autofiction

 

Autofiction de Pedro Almodovar (Esp) ¤ 1 H 51

Zzzzz !! Après un premier quart d'heure prometteur on plonge dans un ennui abyssal qui jamais ne se démentira. On se fout complètement des personnages et de ce qui leur arrive ( c'est à dire pas grand chose). J'ai du m'endormir un moment mais cela n'a pas été gênant parce que cette autoparodie ratée n'a aucune vitalité ni aucun souffle. Reste les couleurs du réalisateur et la musique assez insupportable. Si le cœur vous en dit....

mardi 26 mai 2026

Les goûteuses d'Hitler

 

Les goûteuses d'Hitler de Silvio Soldini (I) °°° 2 H 03

Bien sûr qu'on aurait aimé en savoir plus sur ces goûteuses d'Hitler, sur les plats, les tentatives d'empoisonnement et la paranoïa qu'elles engendraient. Inspiré d'une histoire vraie on s'intéresse ici plus à une histoire d'amour entre l'une d'elle et un nazi proche du dictateur. Les comédiens sont bons et l'histoire arrive à nous passionner quand même.

dimanche 24 mai 2026

Gaël Faye

 

Gaël Faye au Louvre °°°° 1 H 00 Arte Concert.

Quel magnifique concert devant le "Radeau de la méduse" de Géricault, de Gaël Faye au Louvre. Des textes magnifiques, ( dont un de Christiane Taubira, présente) un quatuor talentueux, un vrai moment de grâce, dans une atmosphère spéciale. Il faut vivre ce grand bonheur avant qu'il ne s'enfuit de la plate forme Arte 

Plumes du paradis

 

Plumes du paradis ( Musée du quai Branly) °°°

Très belle expo sur la gente ailée de la Papouasie - Nouvelle Guinée dont l'oiseau du paradis est l'emblème fragile car en voie de disparition. Il y a tout: les oiseaux eux-mêmes, mais toute leur histoire en tableaux, images, photos, cartes, modes ( les femmes du début du siècle étaient très friandes de plumes pour leurs chapeaux, robes etc.., jusqu'à la disparition probable de l'espèce). Maintenant c'est la disparition des arbres qui pose problème. A voir.

Histoires parallèles

 

Histoires parallèles de Asghar Farhadi (Fr) °° 2 H 19

C'est un mélange un peu étonnant de "Brève histoire d'amour" de Kieslovski, de "Fenêtre sur cour" sans le côté enquête dans un enchevêtrement Almodovarien dans lequel j'ai eu beaucoup de mal à entrer. Mais une fois installé je me suis laissé charmer, souvent, pas tout le temps, par ce récit gigogne. Farhadi s'est offert une distribution de rêve. Il faut accepter qu'un SDF (Adam Bessa) devienne du jour au lendemain l'aide d'Isabelle Huppert, écrivaine en mal d'inspiration qui espionne ses voisins (Niney, Efira, Cassel: on aimerait avoir les mêmes) pour son roman, etc .... Mais la mise en scène qui alterne réalité, fiction, fantasme, est vraiment prodigieuse. On y retrouve des scènes d'autres films de Kielovski comme un hommage à celui-ci. Un imaginaire très intéressant.

vendredi 22 mai 2026

Un pas de côté

 
Un pas de côté (Théâtre de la Renaissance) ° 1 H 25

Cette pièce n'est pas désagréable mais on a l'impression de l'avoir vu cent fois. Il n'y rien de nouveau, ni dans le texte, dans le jeu ou la mise en scène. Les acteurs font leur boulot. Isabelle carré et Bernard Campan se retrouvent pour la énième fois et s'entendent très bien. Comme dit dans la pièce c'est une anecdote sans plus.

L'être aimé

 

L'être aimé de Rodrigo Sorogoyen (Esp) °° 2 H 15

Même si ce film a des qualités indéniables, il m'a surtout ennuyé. Surtout le début interminable. On s'accroche pour Javier Bardem éblouissant en réalisateur tyrannique qui ne pense qu'à son film où il fait jouer pour la première fois sa fille qu'il n'a pas vu depuis 13 ans. On pense bien sûr à "valeur sentimentale" que je n'avais pas vraiment aimé non plus ou à la "nuit américaine" qu'il faudrait que je revois. Et vient la scène du repas incroyable et tellement vraie qu'elle efface le reste et mérite le détour comme dirait le guide Michelin. Mais tout cela est vraiment très long et autocentré. A vous de voir.

La zone indigo

 

La zone indigo de Mélody Mourey (Théâtre des Béliers Parisiens) °° 1 h 50

Pas tout à fait séduit par cette nouvelle création de Mélody Mourey, même si tous les ingrédients y sont présents: une bonne histoire, assez bien écrite avec de bons comédiens et un décors intéressant. Alors quoi ? Peut-être trop de mouvements tout le temps dans la mise en scène, trop de texte sans aucune respiration. Le spectateur n'a pas le temps de souffler, de s'approprier le sujet important du futur écologique. (Et puis pour moi l'heure tardive de la représentation, papy est un couche tôt) ... Pourquoi pas.

The criminals

 

The criminals de David mackenzie (U.S) °°° 1 H 37

Enfin un film de genre réussi. Ici un braquage rondement mené, possible grâce à une évacuation massive pour alerte à la bombe non explosée de la seconde guerre mondiale. Action, rebondissement, coup de théâtre il y a tout, même nos chouchous Aaron Taylor-Johnson et Theo James qui n'oublient pas de nous monter leurs abdos et on les en remercie. Un très bon divertissement.

jeudi 21 mai 2026

De si remarquables créatures

 

De si remarquables créatures de Olivia Newman (U.S) °° 1 H 51 (Netflix)

C'est plus un conte de fée qu'un film, le genre qu'on regarde sous la couette en couple, en essayant de se réchauffer les pieds. Heureusement qu'il y a Sally Field en femme de ménage qui nettoie des aquariums ( J'ai fait ce métier au palais de la découverte en 83) qui s'est pris d'amitié pour une pieuvre géante et Lewis Pulmann en vagabond au grand cœur. Une tragi-comédie familiale un peu neuneu mais sympatoche.

Obsession

 

Obsession de Curry Barker (U.S) °° 1 H 49

Retour aux sources pour ce film presque d'épouvante: plus épuré, plus simple, mieux pensé que la plupart des autres qui tendaient à l'exagération. Ici , c'est plus fin. Un jeune homme en faisant un vœu par le truchement d'un objet vaudou reçoit artificiellement l'amour de Nikki qui le calculait pas plus que ça.( Un peu comme dans "Big" avec Tom Hanks. Et cela tourne au cauchemar. Une sorte de réflexion sur les rapports toxiques au sein du couple ( mais là c'est puissance 1000). Bien maitrisé, avec quelques longueurs, un acteur un peu fade, parfait pour le rôle et une Inde Navarette totalement habitée et vraiment flippante. Pourquoi pas.

mercredi 20 mai 2026

Pour le plaisir

 

Pour le plaisir de Reem Kherici (Fr) ° 1 H 29

Malgré toute mon admiration pour Alexandra Lamy, ce film poussif qui traite d'un sujet intéressant est franchement pas très réussi. Il semble beaucoup plus long que sa durée réelle. Humour facile, pas potache mais presque, avec quand même quelques moments plus sincères. Tout cela manque d'invention, d'audace, de provocation vu le sujet, le plaisir féminin, peu abordé. Bof.

mardi 19 mai 2026

C'est quoi l'amour ?

 

C'est quoi l'amour de Fabien Gorgeart (Fr) °° 1 H 48

Film chorale sympathique plein de vitalité sur la famille, l'amour, les relations, porté par un bon casting où domine la générosité qui traine un peu en longueur et du coup se disperse. La mise en scène habile et efficace joue sur les changements de registre ce qui en fait sa force principale. Pourquoi pas.

lundi 18 mai 2026

La venus électrique

 

La vénus électrique de Pierre Salvatori (Fr) °°° 1 H 58

Formidable. Je ne suis pas un grand fan de Salvatori dont les films emballent les critiques et me laisse un peu dubitatif mais là, je les rejoins totalement. Quel plaisir de suivre les conséquences de ce quiproquo forain, une Vénus electrificata qui s'improvise voyante pour consoler un jeune veuf. Tout est parfaitement écrit, dialogué et joué dans des décors magnifiques et des costumes parfaits. Une comédie sentimentale rocambolesque légère mais sincère. Sans parler des acteurs: on savait les talents de Pio Marmaï et Anaïs Demoustier, on découvre celui de Gilles Lellouche très émouvant. Du plaisir.

Sauvons les meubles

 

Sauvons les meubles de Catherine Cosme (Fr) °°° 1 H 26

Subtil. Contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, ce film n'est pas une comédie mais une réflexion sur le deuil, sur la maladie et le surendettement. Mais il n'est pas triste, ni plombant bien au contraire la réalisatrice séduit par son approche originale, sensible, réaliste et sobre. Il est servi par Vilama Pons et Guilaine Londez formidables comme tous les autres personnages Yann Zimmer, Jean-Luc Piraux, Bruno Pardalides ou Dominique Reymond, Benoit Hamon ou Ophélie Bau. A voir.

L' abandon

 

L'abandon de Vincent Garenq (Fr) °°° 1 H 40

Pédagogique et nécessaire. C'est un film utile qui pourra peut-être armer les futurs collégiens et lycéens s'ils vont le voir. A part l'avant générique maladroit il décortique de façon glaçante le processus de l'emballement médiatique d'une broutille jusqu'au final tragique. Antoine Reinartz est l'acteur idéal pour incarner Samuel Paty avec cette fragilité qui nous bouleverse immédiatement. Et il est très réaliste par rapport à la hiérarchie toujours prête à "abandonner" ses adjoints par lâcheté ou suffisance (le titre est vraiment bon). Bien sûr cette histoire ne servira pas de leçon et la promesse républicaine continuera à se déliter petit à petit, la prise de conscience  étant comme pour tout éphémère. A voir.

dimanche 3 mai 2026

Le diable s'habille en Prada 2

 

Le diable s'habille en Prada 2 de David Frankel (U.S) ° 1 H 59

On s'ennuie ferme longtemps. La diablesse ne fait plus mouche, elle est devenue beaucoup trop gentille face à l'adversité. Tout simplement il n'y a pas de scénario, pas d'écriture, plus d'humour seulement du placement de produits à chaque image. Peut-être que le grand luxe ne fait plus vraiment rêver... De toutes les façons j'ai toujours eu un peu de mal à m'apitoyer sur les "énormes" problèmes des gens très riches. Comment, il n'y a plus personne pur accrocher ma veste au porte manteau. Dur, dur. Un très gros bof.

samedi 2 mai 2026

Vivaldi et moi

 

Vivaldi et moi de Damiano Michieletto (It) °°° 1 H 50

Venise, 1716 dans un orphelinat où sont recueillies des jeunes filles, une d'entre elles, particulièrement rencontre A. Vivaldi et sera sa muse pour une œuvre magnifique. Le film accompagne plus la jeune fille que la maître et n'est pas un énième biopic dont on commence à saturer mais une réflexion sur la passion souvent empêcher à l'époque par les convenances (mariage arrangé, statut social etc...) Ces filles sont de vraies musiciennes et jouent cachées ou masquées pour les gens de la haute qui financent et donc dirigent de fait l'établissement, pour le meilleur et pour le pire, selon leur volonté. Vivaldi y composera pendant 40 ans ses plus belles partitions, malade et isolé. On les retrouvera 200 ans plus tard. Film passionnant sur l'émancipation. A voir.