mercredi 19 août 2026

Adya et Otto van Rees

 

Adya et Otto van Rees (Musée Montmartre) °°° 

Très belle expo sur des artistes néerlandais inconnus (de moi) qui ont tout partagé: l'amour bien sûr, la peinture, de début des avant-gardes: divisionnisme, cloisonnisme, cubisme etc... avec un retour au réalisme, les deuils aussi ( ils ont perdu leur première fille dans un accident de train). Couple romanesque qui essaie de s'affranchir des codes bourgeois en s'installant dans une maison sans confort, recevant toute l'intelligentsia de l'époque vers Fontainebleau mais aussi à Montmartre au bateau-lavoir. Ils cultiveront leur propre style, en changeant souvent, en expérimentant passant du paysage postimpressionniste au collage, la broderie, la sculpture. Une belle vie artistique réussie.

Fjord

 

Fjord de Cristian Mungiu (Fr/Nor/Rou) °°° 2 H 26

Dérangeant donc passionnant. En Norvège une famille d'origine roumaine perd la garde de ses enfants après un signalement. Certes on peut reprocher au film une sorte de parti pris plutôt favorable à la famille mais je pense que le réalisateur loin de vouloir critiquer le système de protection de l'enfance norvégien met plutôt en exergue la radicalisation systémique de celui-ci. Ce film n'est pas aimable, il tiraille, il trouble le spectateur que nous sommes, il questionne et ça fait du bien. Choc des cultures. Selon son "camp" elle sert ou dessert l'un comme l'autre. Religion, laïcité, vie privée, protection de mineurs , tout y est. Doit-on enquêter puis selon sévir, ou sévir et prendre le temps d'une enquête? Ici ce qui pose problème, c'est la rapidité des sanctions et l'engrenage des choses qui bloquent tout dialogue. D'ailleurs on n'entend jamais la parole des enfants, ni leur souhait. Les mesures de précautions pour le bien de ceux-ci ne vont-elles pas dans le sens opposé, plutôt inhumaines? Faut dire que la représentante de l'assistance sociale n'est pas piquée des hannetons, c'est une sorte de gorgone sans âme, un brin caricatural mais bon, en tant qu'enseignant ( chez nous la démarche est totalement différente) j'ai vu des personnes qui ayant un petit pouvoir se comporter presque pareil. Bref un film à voir absolument ( le casting est parfait) pour en discuter dans nos chaumières.

lundi 17 août 2026

Undertone

 

Undertone de Ian Tuason (Canada) °° 1 H 34

Ce youtubeur canadien de Toronto, brillant, paraît-il, veut nous faire peur, de façon originale par le son, le bruitage en nous obligeant à imaginer des choses que l'on ne voit pas forcément. Le début du film est poussif, on s'ennuie, pour un film d'épouvante c'est un peu ballot, mais au fur et à mesure le podcast envoyé par des auditeurs qu'on écoute chapitre par chapitre fait son effet et l'angoisse s'installe pour de bon. Ce qui est remarquable ici, c'est la mise en scène, avec un lieu unique, trois plans dans une maison ( là, où le réalisateur a veillé ses propres parents malades) il réussit avec inventivité, malice à nous faire frissonner. Pourquoi pas.

Une aube nouvelle

 

Une aube nouvelle de Yoshitoshi Shimomiya (Japon)° 1 H 16

Sous fond de faillite d'entreprise familiale, deux frères s'embrouillent. Je dois dire que pendant un long moment, je n'ai pas compris l'histoire: qui est qui, qui fait quoi et pourquoi. Et surtout qu'un film aussi court me paraisse aussi long. Bref malgré quelques jolis décors on s'ennuie ferme. Pour aficionados du genre.

samedi 15 août 2026

La fin d'Oak street

 

La fin d'Oak street de David Robert Mitchell (U.S) ¤ 1 H 40 

Je crois qu'on a inventé le mot "ridicule" pour pouvoir parler de ce film. Une ville est transportée au temps des dinosaures. Admettons. Cela n'empêche pas de faire des effets spéciaux un peu réussis, une interprétation qui se tienne ( ils jouent tous comme des pieds) C'est tellement bête que cela en devient hyper drôle. Long, laborieux, superficiel. Après "It follows" c'est vraiment très décevant. Par contre si tout cela est voulu, cela devient un pastiche des années 80 , avec une ambiance réussie, des décors bien foutus avec des effets spéciaux à l'avenant. A voir bourré avec des copains un samedi soir de déprime.

vendredi 14 août 2026

Un grand raccourci

 

Un grand raccourci d'Armand Foëx & Clément Devilliers (Fr) °°° 1 H 21

Un premier film tout à fait réjouissant. Quatre jeunes bretons gentiment border line essaient de vivre tout simplement avec des moyens inhabituels. L'un devient dératiseur chez les particuliers où il apporte, avant, lui-même les rats aidé par un cousin serveur dans un restau vide de client, l'autre revend des bijoux en toc tout en aidant sa copine à devenir miss ( en fraudant) pour promouvoir sa marque. Bref c'est très drôle, très tendre, pas prétentieux parce que totalement vrai et sincère à l'image des interprétations des quatre jeunes acteurs absolument parfaits de naturel sur des dialogues écrits au couteau, faussement improvisés, toujours justes, amusants et même terriblement touchants. Ces cinq futurs grands on les a déjà vu dans "Vampire humaniste, Bistromania, L'épreuve du feu " notamment. A voir absolument et des réalisateurs qui savent faire court , c'est à noter. 

jeudi 13 août 2026

Une affaire turque

 

Une affaire turque de Hüseyin Aydin Gürsoy (Tur) °° 1 H 34

Mustafa, turc d'origine, dit Mathieu  (Lionel Erdogan parfait)  a réussi comme avocat d'affaires dans un cabinet parisien tenu par Charles Berling. Il accepte pour rendre service à sœur de s'occuper d'un jeune compatriote qui s'est fait tabassé dans un taxi par un raciste, fils de bonne famille. Mal lui en prend parce que cela sera le début d'une galère sans nom. De facture classique on suit ce film, plus pour ses côtés politiques que du thriller à proprement parlé. Intégration, trahison, transfuge de classe ce sont les thèmes du film. Pourquoi pas.