jeudi 29 octobre 2026

Quelques mots d'amour

 

Quelques mots d'amour de Rudi Rosenberg (Fr) °°° 1 H 37

Sarcelles dans les années 90. Abigail n'a jamais connu son père qui ne voulait pas d'enfant. On va suivre sa quête acharnée pour le rencontrer, de ses premiers questionnements jusqu'à son adolescence aidée par une mère compréhensive qui voit la souffrance de sa fille. Elle ira de déceptions en déceptions. Les deux actrices Hafsia Herzi et Nour Salam sont formidables mais le pompon revient à Yoni, le demi-frère ( Mateo Danila) absolument touchant dans sa souffrance invisibilisée par celle de sa sœur. Une très belle vision de la banlieue qui s'entraide, multiculturaliste à des années lumières de ce qui se passe en ce moment. A voir.

mercredi 28 octobre 2026

Irish travellers

 

Irish Travellers d'Alexander Murphy (Irl/Fr) °°° 1 H 36

Documentaire étonnant. On suit une famille qui vit dans un mobil home avec 10 enfants, 5 garçons, 5 filles. Ils sont "un peu" sédentarisés, élèvent des chevaux, des lévriers et font la chasse aux lièvres. Une seule chose compte la famille. Le début du film où une porte s'ouvre, rentre et sorte toute une ribambelle d'enfants donne le ton. Un docu réalisé sur 6 ans, plein d'humanité, présenté en quatre actes un par saison. Mais quand on imagine le futur des ces dix mômes dans notre monde actuel, notre cœur se serre et s'interroge. La bonté qui règne ici n'étant pas la règle générale. Rendez-vous dans vingt ans. A voir.

Egrégore Imax

 

Egrégore en Imax de Mylène Farmer (La Villette) °° 50 mn

Les chansons du dernier albums de Mylène s'écoutent vraiment avec bonheur et ce film qui regroupe ses clips sont totalement inégaux. Julia Ducournau réalise un clip génial "C'est à qui le tour" dans le tunnel des tuileries, Antonin Baudry un plus classique mais assez beau, "Des los et des quoi" de Thierry Poiraud à la BNF est mon préféré, le clip animé dans le passé de Mylène super sympa, le Gilles Lelouch moyen. Par contre tous les autres aux images psychédéliques sont chiants surtout que le texte des chansons est inscrit sur l'écran et perturbe notre écoute. Dans les bacs bientôt.

lundi 26 octobre 2026

Les swinging poules: plutôt crever

 

Les swinging poules: plutôt crever (Comédie Bastille) °° 1 H 15

Troisième aventure musicale du trio cette fois-ci sur la vieillesse et la mort, tout en chanson. Florence Andrieu, Flannan Obé et Caroline Montier ( qu'on peut voir à l'Essaïon avec Gréco et Barbara) sont en forme et chantent toujours aussi bien. Le thème choisi est osé mais j'étais trop fatigué pour adhérer totalement au spectacle où la mise en scène, les chorés et les costumes sont assez réussis. Une soirée avec les textes de Jonasz, Fontaine (Pipeau), ... Pourquoi pas.

dimanche 25 octobre 2026

Clayface

 

Clayface de James Watkins (U.S) °° 1 H 49

Film de "body horror" plutôt très réussi. C'est une assez bonne surprise que cette gueule d'argile de Gotham qui exprime pas mal d'humanité. Il y a une dimension tragique, avec son désir de vengeance envers ses bourreaux qui n'est pas sans rappeler un peu "Le Fantôme de l'Opéra" de G. Leroux. Tom Rhys Harries est assez convaincant et on a le plaisir de retrouver Naomi Ackie (Mickey 17) Décidément ce sous genre est très à la mode et cela fait plaisir quand il y a un vrai semblant d'histoire. Pourquoi pas.

samedi 24 octobre 2026

Karma

 

Karma de Guillaume Canet (Fr) ° 2 H 20

Mais pourquoi Marion Cotillard retourne dans la secte où elle a grandi après la disparition inquiétante de son filleul ? Après un début vraiment laborieux on commence à s'y intéresser un peu quand on entre dans cette communauté mais tout y est convenu, on a déjà vu (ou plutôt lu) tout cela dans les thrillers genre Chattam ou Niko Tackian. Pour une nuit d'hiver, quand on a rien d'autre à se mettre sous la dent. Bof.

Le grand déplacement

  

Le grand déplacement de Jean-Pascal Zadi (Fr) ¤ 1 H 23 [2025]

On se demande si ce nanar intersidéral n'a pas été fait pour voir jusqu'où on peut accepter le foutage de gueule. Il n'y a rien: pas un gag, pas un bon mot, des acteurs qui s'ennuient ( pas autant que le spectateur), même visuellement c'est plat, un vaisseau à la vitesse de la lumière qui fait du surplace, c'est chaud. Et la fin plonge dans le ridicule géopolitique. Désolé pour les comédiens qui ont cru à ceci. J.P Zadi se rattrapera sans doute. 

vendredi 23 octobre 2026

Wicker

 

Wicker d'Eleanor Wilson & Alex Huston Fischer (U.S) °° 1 H 45

Sympatoche. Une vieille fille (Olivia Colman), risée du village, parce que pêcheuse de poisson d'eau douce et sentant mauvais demande au vannier de lui fabriquer un homme pour époux. En osier hyper sexy ( Alexander Skarsgàrd, dont on regrette de na pas voir la plastique, du coup) il devient l'envie de toutes les femmes frustrées du village. Fable gentillette un peu coquine avec de très bons effets spéciaux. Pourquoi pas.

jeudi 22 octobre 2026

Monstre 4

 

Monstre n°4 Lizzie Borden de Ian Brennan & Ryan Murphy (U.S) ° 8 épisodes

Si le début la série promet, on s'ennuie assez vite avec Lizzie Borden ( Ella Beatty) et sa compagne (Vicky Krieps). En 1892, elles sont accusées du meurtre à la hache de leur parents/patron à Fall River dans le Massachusetts. C'est long, surligné, convenu. Ce ne sont pas les icônes féministes modèles qu'on aimerait suivre comme on essaie de nous le faire croire. Bof.

La Gradiva

 

La Gradiva de Marine Atlan (Fr) °°°° 2 H 25

Après une très longue période de disette, voici que tous les bons films sortent en même temps. Le sujet pourtant n'est pas des plus attrayants: un voyage scolaire d'adolescents à Naples et Pompéi Mais le charme opère, fragile au début et terriblement émouvant ensuite. Ce n'est absolument pas une comédie mais une alchimie de plein de choses, de sensations, d'émotions, de découvertes, de beautés (les lieux, les gens) mais aussi de rapports difficiles entre jalousie, désespoir, amour, désir, déception... Ce premier long est formidable de justesse dans tous les domaines mais surtout pour les caractères des ados. James, le beau ( chacun ses goûts) séducteur qui sera le grain de sable, Toni, le désinvolte ( la révélation du film Colas Quignard, aux lèvres sensuelles irrésistibles, un César, sans doute, de la révélation ....) gay assumé et trublion fragile et (Suzanne) l'intello taciturne. Visites, balades, apprentissages, échanges, escapades nocturnes, tout est passionnant, peut-être grâce à la formidable professeur madame Mercier (Antonia Buresi), passionnée à l'opposé des caricatures habituelles qui nous fascine tout autant. Un écho du tumulte d'aujourd'hui. A voir absolument.

mercredi 21 octobre 2026

Double Fracture

 

Double fracture de Jean-Baptiste Darosey et Stéphanie Gagneux (Essaïon) °°°

Encore une belle surprise, après Antoine Heuillet et sa "course à la catastrophe", voici Jean-Baptiste Darosey ( plus que charmant) dans un seul en scène très émouvant. Comment exister en Haute-Saône, entre sept sœurs, un père bourru et une mère aimante trop tôt disparue? Comment survivre au sentiment de solitude, aux remarques homophobes quand on rêve de comédies musicales à Paris? Il y a un côté "Comment en finir avec Eddy Bellegueule" dans ce spectacle où l'acteur joue une dizaine de personnages passant de l'un à l'autre avec maestria. Une émancipation très poignante à découvrir.

Une femme aujourd'hui

 

Une femme aujourd'hui de Robert Guédiguian (Fr) °° 2 H 03

Je suis retourné voir la famille. Il m'avait manqué. Ariane Ascaride et Gérard Meylan vont bien, leur fille Marilou Aussilloux cartonne dans son boulot et n'a plus le temps de rien. Par contre Robinson Stévenin est au chômage, et Adrien Jolivet vivote. Le voisin, J.P Darousssin espionne gentiment et Jacques Boudet nous fixe de son cadre fixé au mur, on ne l'a pas oublié. Mais un viol va démolir ce petit monde. La golden girl souillée par son patron va prendre conscience de ce qui est  "l'important "en s'investissant dans le social. Remise en question sans dramatiste appuyé, avec même un certain recul ce qui n'empêche pas notre dernier gaucho à dénoncer le patriarcat, l'injustice sociale. Je retournerai les voir sans faute au prochain film. Un film qui fait du bien.

lundi 19 octobre 2026

Six feet under

 

Six feet under d'Alan Ball (U.S) °° 5 saisons, 63 épisodes

La vie de la famille Fischer, croque-morts. Quand le père meurt, les fils reprennent l'entreprise. Chaque épisode commence par la mort de quelqu'un ( ce qui reste le seul intérêt jusqu'au bout de la série). Sans doute il y a 25 ans elle devait être formidable, mais 63 épisodes c'est très long et on se lasse du côté répétitif des épisodes. Mais il y a beaucoup de bon dans cette série même si certains personnages deviennent un peu pénible à la longue. A voir 

dimanche 18 octobre 2026

Le corset

 

Le corset de Louis Clichy (Fr) °°°° 1 H 30

Voilà un des plus beau ( si ce n'est le plus beau) film de l'année. Il aurait pu représenter la France aux Oscars où il aurait eu toutes ses chances. L'histoire d'un jeune garçon de Beauce qui se met à pencher, qui a besoin d'un corset pour un très long moment, ce qui l'empêche ( ou pas ) de profiter de la vie. Tout ça basé sur les propres souvenirs du réalisateur. C'est un bijou graphique aquarellisé, d'une poésie incroyable qui ne l'empêche pas d'être dans la dure réalité du monde paysan et aussi très drôle, très fin, hyper émouvant. Prix spécial du jury à Cannes (un certain regard). Il va devenir très vite un classique qu'on aura plaisir à revoir. Il faut absolument découvrir cette pépite.

samedi 17 octobre 2026

Le roi soleil

 

Le roi soleil de Kamel Ouali (Dôme de Paris) ° 2 H 30

Malgré les décors, les costumes, les chanteurs et les magnifiques chorégraphies ce spectacle n'émeut pas, ne prend pas. Ce sont les chansons, pour une comédie musicale c'est ballot) qui sont plates, sans relief, aucune ligne mélodique ne capte l'attention, contrairement au" Molière" qui était génial de bout en bout. Bref on s'ennuie dans le luxe de cette super production. De plus, les gens se comportent vraiment mal : ils arrivent jusqu'à une heure après le début, parlent comme dans leur salon, commentent, filment. Ils n'ont aucun respect pour l'œuvre et ça joue sur le fait qu'on a du mal à entrer dans l'histoire. Et l'orchestre très puissant couvre  les premiers échanges, les premières chansons, du coup on ne comprend rien. Dommage, il y avait matière à un très beau spectacle. Frustrant.

jeudi 15 octobre 2026

Le sens de l'humour

 

Le sens de l'humour de et mis en scène par Sacha Judaszko & Fabrice Donnio (T. Antoine) °° 

Assez bonne comédie de boulevard sur l'humour, de quoi peut-on rire, ou pas, de qui, et avec qui. Les quatre comédiens sont très en forme: Florent Peyre, Arié Elmaleh, Elise Diamant et Claudia Tagbo ( que je voulais absolument voir) rayonne sans en faire trop et ça fait mouche à chaque fois. Certes on s'attend à certaines répliques mais on passe une excellente soirée.

mercredi 14 octobre 2026

Amadeus

 

Amadeus de Peter Shaffer (Marigny) °°° 2 H 10

Rendu célèbre par Milos Forman, cet Amadeus version française est assez réussi avec beaucoup d'énergie et une mise en scène enlevée d'Olivier Solivérès. On oublie les références pour entrer de nouveau dans cette histoire sordide de jalousie entre Salieri et Mozart. Très bien interprété, juste pour moi un petit bémol, le rire de Wolgang, il rappelle en moins bien celui de Tom Hulce, Thomas Solivérès ( le frère) aurait en trouver un à lui. Cela aurait été astucieux. On passe un très bon moment.

Minotaure

 

Minotaure d'Andreï Zviaguitsev (Fr/ All/Let) °°° 2 H 20

J'ai adoré tous les films du réalisateur: "Le retour", "Léviathan", "Faute d'amour" toujours dans mon top 10 et surtout "Elena" qui était  mon film préféré de 2012. Celui n'échappe pas à la règle, c'est un très grand film mais peut-être pas aussi fort que les précédents. Inspiré par "La femme infidèle" de Chabrol on s'intéresse moins à l'histoire qu'au contexte russe de 2022, au préparatifs de guerre, aux départs obligés des soldats par le truchement d'hommes bourgeois de province dominants qui font et défont à leur guise la vie d'autrui, celle de leurs femmes, de leurs employés. C'est glaçant de cynisme. Il y a des scènes vraiment réussies ( la visite du mari chez l'amant, un repas entre amis au dialogue saisissant...) Un film politique à la mise en scène admirable. A voir.

mardi 13 octobre 2026

Baahubali

  

Baahubali 1ère et 2ème partie de S.S Rajamouli [2016] (Inde) °°° 4 H 00

Décidément Rajamouli est un génie. Ses films (le troisième vu cette année) sont magiques, C'est la plus chère production indienne de l'histoire, il nous en met plein la vue dans un univers rêvé, démesuré, fou avec des décors gigantesques, des effets spéciaux à faire rougir Hollywood. Il fait des clichés habituels ( misogynie, ralentis, romantisme poussé à l'extrême, batailles épiques dantesques, trahison, etc... un spectacle inoubliable, même si ce péplum pique un peu. Les héros (père et fils) sont parfaits, sans défaut, les méchants sont méchants, très méchants et le peuple baba devant leur roi qu'ils ont choisi. Bref malgré les outrances, tout ce que j'aime.

Leviticus

 

Léviticus d'Adrian Chiarella (Australie) °° 1 H 28

Nouvelle méthode de Thérapie de conversion en Australie par exorcisme qui tourne au carnage. Trois garçons homosexuels sont obligés par leur famille à en faire un. Ils devront lutter contre une entité qui prend la forme de l'être aimé pour le détruire. L'habilité du film est d'installer le doute dans la tête du spectateur sur l'identité des personnages, on se sait jamais à qui on a affaire. Ange ou démon ? Film anticlérical pour dénoncer l'homophobie toujours présente ( et de plus en plus) dans le monde. Bien joué avec le retour de Mia Wasikowska qu'on avait perdu de vue. A voir.

vendredi 9 octobre 2026

The social Reckoning

 

The Social Reckoning d'Aaron Sorkin (U.S) °° 1 H 53

Enquête passionnante dans l'univers Facebook qui a été conçu pour booster les idées extrémistes et nauséabondes de l'Amérique trumpiste. Une lanceuse d'alerte effrayée parce qu'elle voit et un journaliste vont mener bataille pour dénoncer l'arnaque pendant les années Covid jusqu'à l'assaut sur le Capitol qui peut-être ( rien n'est plus sûr) fera naître un semblant de conscience. Suite du "Social Network", ce film qui a un peu de mal à démarrer se suit avec un réel intérêt. Pourquoi pas.

jeudi 8 octobre 2026

L'espèce explosive

 

L'espèce explosive de Sarah Arnold (Fr) °°° 1 H35

Que ça fait du bien! Enfin un film drôle... avec pêle-mêle: un flic dépressif (génial Alexis Manenti qui ose tout), un collègue égocentré (Vincent Dedienne antipathique pour la deuxième fois cette semaine, après Ni vue, ni connue) une psychologue borderline, des chasseurs corrompus et une horde de sangliers polonais géants. Dans le registre de "L'ours dans le jura" avec du burlesque en plus, de la dinguerie ( le mot est à la mode) et beaucoup de tendresse. Mélange des genres tout à fait réussi, audacieux. Cela rappelle Alain Guiraudie avec une séance LGBT dans un bar tout à fait réjouissante. Un pied de nez au monde actuel, "hors sol" comme cet élevage de sanglier. A voir pour une bonne poilade intelligente. 

Françoise par Sagan

 

Françoise par Sagan par Caroline Loeb (Essaïon) °° 1 H 10

Mise en scène par Alex Lutz. Monologue sensible, simple et délicat, souvent drôle, parfois un peu contradictoire mais toujours vrai et sincère de la part de la comédienne qui nous parle comme une Sagan pleine d'esprit et provocatrice. Tiré d'interviews, elle parle de tout: de littérature bien sûr, du succès, de la solitude, du jeu, de l'alcool, de la mort, bref de ce qui fait la vie. A voir.

mercredi 7 octobre 2026

Ni vue, ni connue

 

Ni vue, ni connue de Marc Fitoussi (Fr) °°° 1 H 53

Réussi. On est plus près du "triste" que de la comédie. Je m'explique: on suit trois comédiennes qui ne sont pas forcément heureuses. Isabelle Huppert est figurante depuis des années et n'arrive pas à décrocher ne serait-ce qu'un petit rôle ( autodérision totale) Elle harcèle tout le monde avec ses C.V, subit humiliation, vexations de la part de tous mais résiste, s'accroche. Sandrine Kiberlain la star, entre caprices et solitude, vit dans un monde de privilèges qui affadit son jeu et Anne Marivin, blasée, entre les deux, dont on ne se rappelle jamais le nom devenue presque méchante. Un film plein d'idées, hommage à Isabelle qu'on a plaisir à voir. La critique du milieu du cinéma n'est pas si légère que ça....

Singin' in the rain

 

Singin' in the rain adapté du film de Stanley Donen & Gene Kelly (Le Lido 2) °°°° 3H00

Robert Carsen réussit pour la deuxième fois son pari d'adaptation de la plus célèbre comédie musicale, celle qui fait du bien. Le passage du cinéma muet ( il y en a beaucoup dans la mise en scène) au parlant avec toutes les danses, toutes les chansons, de magnifiques costumes et une troupe géniale, d'une vivacité contagieuse qui ne veut qu'une chose : faire plaisir au public. Et malgré la panne, vite oubliée d'hier, on passe une merveilleuse soirée et on sort heureux. Monsieur Choplin, merci, et si pour le prochain vous proposeriez "Chorus line" !!! je dis cela comme cela .... Courez-y.

mardi 6 octobre 2026

Tip toe

 

Tip toe de Russel T. Davies (G.B) °°° 1 saison, 5 épisodes HBO

A Manchester, Léo et Clive voisins depuis des lustres s'entredéchirent quand ils apprennent que les fils de ce dernier sont gay ou influenceur sexy. Non, cette série ne date pas des années 80 mais est bien actuelle, dans toute sa cruauté. Ce brûlot contre la bêtise et l'aveuglement désespère d'un avenir radieux. Il décrit le masculinisme toxique, l'homophobie même plus rampante mais avérée et normalisée. Peut-être notre avenir proche. De toutes les façons, une fois de plus le final avec ses sportifs en chambre dégénérés me conforte dans mon exécration de l'esprit de bande qui est rarement bienfaisant et amical comme on le dit souvent . A voir.

Verity

 

Verity de Michael Showalter (U.S) ° 1 H 54

Les dix dernières minutes sauvent in extrémis ce film de l'ennui le plus total. C'est assez bête, téléphoné et mal joué par les deux comédiennes. Reste Josh toujours aussi séduisant mais cela ne fait pas un film. Il manque de chair, de sexe, de vie, dégouline de clichés. Bref on peut éviter.

lundi 5 octobre 2026

Mémoire de fille

 

Mémoire de fille de Judith Godrèche (Fr) °° 1 H 57

Comment être fille dans les années 60 avec des envies de s'épanouir, de vivre, de se découvrir dans un monde encore un peu corseté. Annie Ernaux, puisque c'est elle, bouillonne, chante à tue-tête, veut s'émanciper coûte que coûte quitte à y laisser quelques plumes. Monitrice de colo, elle jette son dévolu sur le plus con des garçons. Elle est presque la seule à ne pas s'en apercevoir. Celui-ci est le masculiniste type, tant vanté cette année, sûr de son charme, de sa façon d'être, brute et bête. On a du mal à comprendre cet attrait. Très belle mise en scène où Tess Barthélemy fait passer joliment toutes ces contradictions. Pourquoi pas.

vendredi 2 octobre 2026

Kraken

 

Kraken de Mohamed Chabane & Théo Jourdain-Rhodes (Fr) °° 1 H 35

Pas de monstre marin, ici,  mais un homme en colère assoiffé de vengeance - on le comprend - qui hante un immeuble délabré destiné à être détruit et qui va éliminer tous les petits malins qui vont venir le visiter. Premier long avec d'énormes qualités dans la réalisation, avec des scènes assez horribles. Il rappelle "Vermines" plus réussi . Dénonciation des cités abandonnées, de la police absente, des magouilles politiciennes. Sympa dans le genre malgré des interprétations pas toujours à la hauteur. 

Notre salut

 

Notre salut d'Emmanuel Marre (Fr/Bel) °° 2 H 39

Film politique incroyablement moderne et radical sur une période trouble de notre histoire, la collaboration. Swann Arlaud est tout simplement parfait interprétant un homme sans envergure qui veut absolument être quelqu'un quitte à faire abstraction de la réalité de ses actions, comme tous ses collègues qui agissent sans état d'âme, sans réflexion. Pourtant ils sentent bien quelque part qu'il y a quelque chose qui cloche. Le début est déroutant, trop long mais il est indispensable pour camper l'histoire. Dialogues improvisés, musique anachronique ( la danse sur "pop corn" des Shadows est géniale) C'est un docu-fiction à des années lumières de "La bataille de Gaulle" dérangeant sur un anti-héros, un chefaillon qui sont comme chacun sait, les plus nuisibles. Film pas aimable mais indispensable. A voir.

jeudi 1 octobre 2026

Garance

 

Garance de Jeanne Herry (Fr/Bel) °° 1 H 45

Les galères d'une actrice alcoolique. Un portrait émouvant porté par Adèle Exarchopoulos. La première partie du film, la descente aux enfers, la déchéance à son travail, l'éloignement des amis, des collègues est vraiment juste et touchante. La suite, sa rencontre avec Sarah Giraudeau est moins convaincante ( c'est peut-être faussé de ma part parce que j'ai beaucoup de mal avec sa voix), plus poussive avec un comportement étonnant. Mais pourquoi pas.

mercredi 30 septembre 2026

Les éléphants dans la brume

 

Les éléphants dans la brume de Abinash Bikram Shah (Népal) °°°° 1 H 47

Magnifique. Immersion choc dans une communauté transgenre où le matriarcat est loi. Pirati enquête sur la disparition de sa fille d'adoption avec acharnement se cognant à l'hostilité de tous, des flics, des villageois qui les désignent comme responsables, de ses compagnes parce qu'elle a fricoté avec un homme alors que les rapports sexuels sont interdits. Les Kinnar sont autant respectées ou craintes pour leur pouvoir de bénédiction que détestées parce que hommes. Formidablement interprété par Pushpa Thing Lama (militante LGBTQIA+ du Népal) ce film est de toute beauté, sa mise en scène envoutante, les images surtout nocturnes somptueuses jusqu'à la scène finale tête haute au son des barrissements des éléphants. Prix du jury mérité "Un certain regard" à Cannes. A Découvrir.

mardi 29 septembre 2026

Fini de rire

 

Fini de rire de Jean-Baptiste Rivoire (Fr) °°° 1 H 32

Au pays de Sarko, Flamby et surtout sous Jupiter l'humour est de plus en plus muselé. Ce documentaire édifiant le prouve sans peine par un ancien de Canal + en donnant la parole à de très nombreuses personnalités de Guillon, D. Porte à Guillaume Meurice. Sans oublier Charline, Thomas VDB, Mathieu Madenian, Aymeric Lompret, Akim Omiri et les filles aussi... Les faits sont absolument irréfutables sous la houlette de Vincent Boloré. Cela fait peur. Fini les guignols, la satire à France Inter, à France télévision, la direction est aux ordres du président Macron. ( la plupart des émissions s'autocensure ) Cela s'est détérioré depuis Philippe Val et Adèle Van Reeth et la lâcheté de Delphine Ernotte PDG de France télévision. Sophia Aram a de beaux jours devant elle avec son humour au garde à vous des dirigeants. A voir surtout si vous n'en êtes pas persuadé.

lundi 28 septembre 2026

Les contrebandiers

 

Les contrebandiers de Padraic Mckinley (Canada/ all/ U.S) °° 1 H 55

Un film à l'ancienne qui prend son temps, un hommage ( voulu?) au "salaire de la peur" de Clouzot ou de "Sorcerer" de Friedkin avec des touches de "Délivrance" avec un budget moindre qui rend la scène du pont suspendu géniale de dérision. C'est quand même bien foutu et bien joué: pendant la grande dépression quatre compagnons de bagne acceptent de transporter de l'or en échange de leur liberté. Une marche sous la pluie, dans le froid, en milieu hostile qui finira mal comme prévu (ou pas) ... A voir par nostalgie

vendredi 25 septembre 2026

Pressure

 

Pressure de Anthony Maras (G.B/Fr) °° 1H40

Suspense climatologique. De facture absolument classique, ce film intéressant n'apporte rien de nouveau si ce n'est une information météo sur le jour choisi du débarquement. Il se regarde sans déplaisir sans éviter un certain pathos qui alourdit le propos. Il fait pâle figure en comparaison avec les films d'Antonin Baudry. Pourquoi pas pour un jour de pluie....

jeudi 24 septembre 2026

10 %

 

10 % d'Emilie Noblet (Fr) °°° 1 H 59 Netflix

On retrouve avec plaisir nos amis cinq après la fermeture de l'agence ASK. Andréa (Camille Cottin) va réaliser son film avec Noémie (Laure Calamy) comme productrice. Laurent Lafitte doit en être l'acteur principal avec Laetitia Casta. Mais tout ne va pas se passer comme prévu. De gaffes en catastrophes on savoure les situations avec des guest en cadeau ( Clooney, Longoria) sans oublier T. De Montalembert, N. Maury, G. Montel, F. Sidney, L. Rovère et O. Kolb.

Rose

 

Rose de Markus Scheinzer (All) °°° 1 H 34

Un "Martin Guerre" allemand en noir et blanc, queer, porté par une Sandra Hûller formidable. Âpre, ce western rural, à la lumière impeccable, aux cadres soignés vise l'ambiance "Ruban blanc", les tableaux flamands mais sans être figé et nous tient en halène jusqu'au bout. Un combat pour la liberté, l'émancipation, face à un système corseté religieux, patriarcal. A voir.

mercredi 23 septembre 2026

Mon frère

 

Mon frère (Rond point) °°° 1 H 45

de et avec François Gremaud et son frère Christian, en LSF surtitré. Il a voulu donner la parole, les mots, les signes à son frère confronté à l'hostilité du monde en général et à celui du travail en particulier. Pas décors inutile, on se concentre sur les mains, les gestes, la gestuelle du corps. Essayer de faire tomber l'incompréhension, lutter contre le manque de connaissance et la peur de l'inconnu, mais tout ça traité avec humour, joie, sans oublier l'acte politique, les revendications, l'art et l'amour. Très didactique mais très plaisant, on passe une excellente soirée.



La vie d'une femme

 

La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet (Fr) °° 1 H 38

C'est un film qui n'existe que par Léa Drucker qui incarne tous les rôles de façon exceptionnelle. Ici elle est chirurgienne et on y croit immédiatement. Un portrait vif et fort qui fait oublier la faiblesse de l'histoire, une romance bourgeoise où l'on s'ennuie un peu. Pourquoi pas.

mardi 22 septembre 2026

Si tu penses bien

 

Si tu penses bien de Géraldine Nakache (Fr) °° 1 H 34

Un film sans doute réussi puisqu'il met mal à l'aise tout le long. Gil épouse un homme très pieux et hyper possessif et se retrouve sous sa coupe. Elle subit des violences psychologiques très fortes sans réagir et refusant l'aide de ses parents, amis et autres. Niels Scheider est un pervers narcissique parfait. Mais je n'arrive pas vraiment à entrer dans la tête de Mona Chokri, à comprendre cette passivité parce qu'elle n'est pas seule face au danger, ce n'est pas mon caractère. On a envie de foutre un pain très vite au garçon. Par contre Clémentine Célarié est magistrale en mère inquiète. A vous de voir.

Adieu, monde cruel

 

Adieu monde cruel de Félix de Givry (Fr) °°° 1 h 33

Otto, 14 ans, disparait après avoir adressé une lettre d'adieu aux élèves de sa classe qui le harcelaient. La ville est en deuil mais une nuit une jeune fille le reconnaît en train d'errer et le prend en charge clandestinement. Ce n'est pas un film sur le harcèlement, mais une histoire d'amour de deux adolescents mal dans leur peaux qui vont se tourner de nouveau vers la vie. Magnifique photographie pour deux comédiens parfaits. Sensible et mélancolique.

lundi 21 septembre 2026

Histoires de la nuit

 

Histoires de la nuit de Léa Mysius (Fr) ° 1 H 54

Pas emballé par cette histoire glauque à souhait, même si le décors de ferme avec une nuit sombre et des jeux de lumières sont très réussis. L'histoire est classique; il se passe ce qui doit se passer avec un lourd passé qui resurgit dans la vie bien tranquille de cette petite famille. Benoit Magimel et Paul Hamy sont flippants, Monica Bellucci parfaite en voisine peintre mais je ne crois pas au jeu de Hafsia Herzi que je préfère comme réalisatrice. A vous de voir.

vendredi 4 septembre 2026

The holy boy

 

The Holy Boy de Paolo Strippoli (I) °°° 2 H 02

Enfin un film fantastique intelligent même si comme d'habitude je n'ai pas très bien compris la fin. A Rémis, un petit village de montagne, le jeune garçon Matteo semble doté d'un pouvoir divin: ôter l'angoisse des gens par de simples accolades. Tout le village a l'air plutôt heureux. L'arrivée d'un nouveau professeur va changer quelque peu la donne. Mais est-il si bon d'absorber les souffrances des gens sans en subir  aucune conséquence. Conte philosophique sous forme de thriller assez réussi, surtout la première heure. Après c'est plus confus. A voir.

jeudi 3 septembre 2026

The good sister

 

The good sister de Sarah Miro Fischer (All/Esp) °° 1 H 36

Elle adore son frère, c'est un modèle. C'est tout naturellement que, quand elle se fait jeter par sa copine, elle vient squatter chez lui. Et là, elle est peut-être témoin d'un viol de la part de celui-ci. Cela ne fait aucun doute , c'est un malentendu. Mais petit à petit le doute, puis la certitude s'installent. Comment se positionner, comment réagir, elle, la lesbienne, féministe-MeToo. Un questionnement intéressant, sans manichéisme sur la loyauté à soi-même, aux gens qu'on aime, à ces idées. A voir.

mercredi 2 septembre 2026

La frappe

 

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri (Fr) °° 1 H 46

Sur le sujet récurant actuellement, un traumatisme d'enfance percutant la vie d'un frère et d'une sœur, le film apporte un ton nouveau. Un père sort de prison et retrouve ses deux enfants. Dès la première rencontre, on sent que quelque chose ne va pas. Puis on n'arrête pas d'imaginer le pire, sans savoir d'où la catastrophe va surgir. Les comédiens sont parfaits: le garçon Enzo, avec une drôle de tête, souriant, respirant la gentillesse et l'envie de bien faire, de bien "être", la fille, Carla, tout en colère pas toujours retenue et le père taiseux respirant le mal sans rien laisser paraître. Très belle mise en scène, très près des corps, des peaux, avec peu de mots, qui sait créer le malaise. A voir.

Salvation

 

Salvation d'Emin Alper (Tur/Fr) °°° 2 h 00
C'est sûr, ce n'est pas une partie de franche rigolade que ce nouveau film d'Alper, mais le réalisateur de "Burning days" nous raconte une nouvelle fois un drame turc terrible. Deux villages proches, l'un en haut d'une colline, l'autre en bas, en Anatolie, se détestent, nourris de vieilles rancœurs que rien ne peut apaiser. Inspiré d'un cinéma de genre, il fleurte avec le fantastique, pour mieux analyser les comportements immuables du genre humain. Religion, fanatisme, jalousie, frustration, tout s'accumule et explose dans un final inévitable, logique, et terriblement débile dans une mise en scène parfaite. A voir. 

mardi 1 septembre 2026

 


Château de St Ouen et expo Ya rayi !

Visite de château (34 ème) à St Ouen , bâti sous la Restauration pour la comtesse du Cayla, comme une villa italienne, où la marquise de Pompadour a habité. En 1973, la délégation vietnamienne y prépare les accords de paix pour arrêter la guerre. En ce moment il y a une petite expo formidable sur la musique Raï, ce qui m'a rappelé mon séjour à Oran et Tlemcen. On y retrouve tous les grands noms (il manque juste une planche sur Rachid Taha). Tout autour il y le parc des Docks  magnifique avec une centaine de parcelles en jardins partagés: bref un bel après-midi. 

lundi 31 août 2026

The whisper man

 

The whisper man de James Ashcroft (U.S) ° 1 h 51

Thriller hyper classique, déjà vu cent fois. Un auteur dont le fils a été enlevé retrouve son père, ancien flic, ( Robert De Niro) pour le retrouver. Cette enquête renvoie à une autre affaire datant d'une autre époque. Aucune originalité, intrigue convenue. Si vous n'avez rien à voir d'autre.

A different man

 

A different man d'Aaron Schimberg (U.S) °° 1 H 52 Netlix

Exercice déconcertant et audacieux, entre comédie et film fantastique qui questionne l'identité par le truchement d'un thriller psychologique. Jeu de miroirs angoissant du monde culturel qui se sert de la souffrance pour créer. Renate Reinsve est décidément partout en ce moment. A voir.