mercredi 24 août 2016

Dernier train pour Busan

Afficher l'image d'origineDernier train pour Busan de Sang-Ho Yeon (Corée) °°° 1h58
Jubilatoire. La seule chance de s'en sortir, c'est l'entraide, cette morale, la même que celle de Star trek est ici sublimée par l'humour, l'horreur, l'invention, la tendresse, l'émotion et le tout mélangé à la façon coréenne. Les zombies asiatiques ne sont pas des larves qui se traînent lamentablement mais des Usaim Bolt qui fondent sur leurs proies à la vitesse du TGV au bord duquel ils voyagent. Il y a un mélange réussi de Romero et du Transperceneige . Tous les couches sociales sont présentes mais c'est surtout une dénonciation drolatique de la société de consommation et de l'individualisme forcené. A ne pas rater.

Rester vertical

Afficher l'image d'origineRester vertical d'Alain Guiraudie (Fr) °°°  (Fr) 1h40
Il ose tout et il a raison. On ne devrait pas pouvoir croire à cette histoire de trentenaire qui tombe amoureux d'une bergère ( comme dans la chanson), d'un jeune homme tout à fait énervant, d'un vieux monsieur acariâtre mais surtout de son bébé. Il devient père et cela lui plaît bien. Et pourtant ça fonctionne ! Même les scènes inhabituelles ( l'accouchement, les attouchements, les dialogues crus, les scènes d'amour etc...) tout passe comme une lettre à la poste. La légèreté des personnages confrontés aux duretés de la vie en font une fable fascinante, amusante ( pas autant que "l'inconnu du lac" ou "le roi de l'évasion") mais libératrice de nos propres valeurs. Ici tout est inversé, la mère abandonne son enfant, les vieux ont le cul sous le chignon, comme dirait Tachan, les jeunes préfèrent,  les vieux, on dort n'importe où, on travaille quand on y pense: bref un bain de jouvence dans un combat contre la solitude et la peur. Un régal pour public averti.

L'économie du couple

Afficher l'image d'origineL'économie du couple de Joachim Lafosse (Fr/Bel) °°° 1h40
Quand il n'y a plus d'amour l'enfer c'est l'autre. Lui, (ou elle) qui est là, dans votre quotidien qu'on aimerait loin, pour pouvoir respirer, vivre. Tout devient souffrance. Même quand la personne s'occupe bien des enfants, cuisine ou propose une aide. La séparation somme toute banale et salvatrice ici ne peut se concrétiser parce qu'il y a la maison. Elle l'a payée avec l'aide de maman mais lui l'a embellie et rendue chère à la vente. Elle propose le tiers, il veut la moitié. Et le couple se déchire, se croque en jambe tout le temps jusqu'à l'overdose, devant les enfants, les parents, les amis: la scène du repas est magnifique de cruauté. La mise en scène fluide, simple et terriblement efficace ajoute au huis-clos et au malaise. Bérénice Bejo et Cédric Khan sont parfaits. Lafosse récidive après le magnifique "A perdre la raison", et me fait regretter encore plus de n'avoir pas vu "Nue propriété". A voir. 

mardi 23 août 2016

Star trek, sans limites

Afficher l'image d'origineStar trek, sans limites de JUstin Lin (U.S) °
Ensemble on est plus fort, bla-bla-bla .... Fatigué je suis. Bien sûr les scènes d'actions sont trépidantes mais il n'y a aucun scénario. C'est le vide absolu. On ne s'intéresse pas au personnages. On parle d'humour ! J'ai du raté les scènes drôles. Il n'y a pas grand chose à sauver si ce n'est "l'Enterprise" bien sûr.

Stefan Zweig, Adieu l'Europe

Afficher l'image d'origineStefan Zweig, Adieu l'Europe de Maria Schrader (All) °°
Quatre périodes de l'exil de l'écrivain au Brésil, pays de l'avenir. Quatre instants qui montrent la complexité de la pensée de l'auteur de "la confusion des sentiments" ou de "la pitié dangereuse". Flatté, entouré, il n'arrive d'abord pas à être l'homme courageux qui prend parti, qui juge Hitler parce qu'il ne veut pas nuire à son pays et puis petit à petit il comprend l'horreur, essaie de répondre aux solicitations des juifs restés en Allemagne. Mais il est épuisé par ce monde, et malgré l'accueil incroyable des brésiliens, il n'est pas tout à fait chez lui, il n'arrive pas vraiment à compatir aux malheurs qui l'entourent. Il est rongé par la culpabilité jusqu'au suicide. Un peu long et languissant, ce portrait peut quand même intéresser.

lundi 22 août 2016

Moka

Afficher l'image d'origineMoka de Frédéric Mermoud (Fr) °° 1h29
Diane (Emmanuel Devos) a perdu son fils renversé par une voiture qui ne s'est pas arrêtée. La police ne trouve pas les coupables. Elle décide donc, aidée par un détective, de retrouver les chauffards et de se faire justice. Mais tout n'est pas si simple. La femme, c'est Nathalie baye toujours aussi juste, et son visage refait hélas, ici, la sert. Il passe d'un angélisme à une dureté incroyable comme un masque No. Mais l'important est ailleurs: l'approche ambiguë, les paysages du lac Léman et ses montagnes, l'atmosphère lourde qui accompagne l'enquête, la musique lancinante et belle jusque dans la boîte de nuit et les rapports troubles entre les deux femmes. Une ou deux facilités ( la rencontre avec le jeune) mais le film se tient bien. A voir.

Sieranevada

Afficher l'image d'origineSieranevada de Cristi Puiu (Roumanie) °° 2h53 !
L'intérêt principal du film, un repas de famille sans cesse repoussé, tient en sa longueur avec une mise en scène brillante, virtuose même mais c'est aussi ce qui ennuie un peu. Tout se passe dans un appartement au milieu d'une foule de gens qui viennent saluer la mort du père. Le caméra souvent dans le hall tourne, virevolte ne suivant pas toujours les protagonistes physiquement mais par le son et tout cela fait un brouhaha sympathique, quelques fois drôle ( la tante communiste) et souvent touchant. Chacun son rôle, chacun défend son caractère. Dommage que certaines scènes durent des plombes mais on est ravi d'avoir tenu bon parce qu'elles vont rester en mémoire longtemps. A voir.