vendredi 9 mai 2014

D'une vie à l'autre

 D'une vie à l'autre de Georg Maas ( All / Nor) °°
C'est un film d'espionnage dans la grande tradition de ceux que l'on voyait dans les années 70/80. De très bonne facture, un peu pesant par moment à cause des flash-back qui n'étaient pas utiles mais très bien interprété par des comédiens qui croient à leur histoire basée sur de véritables faits. On est content de revoir Liv Ulmann. Par contre aucun rapport avec Borgen ( publicité mensongère) plus prêt de "la vie des autres" quoique, il en n'a pas la puissance dramatique. La fin est tout à fait prévisible. A voir sans déplaisir.

mercredi 7 mai 2014

Night moves

  Night moves de Kelly Richardt ( U.S) °°
Je suis un peu déçu par le film de Kelly Reichardt. Bien sûr il y a l'atmosphère pesante qu'on attend, le rythme lent et plombant qu'on espère mais les sentiments de culpabilité qui doivent envenimer les relations des rebelles ne sont pas vraiment crédibles, aussi on adhère pas complètement. La paranoïa du héros ne se justifie pas, bref le filme passe un peu à côté de son propos. A vous de voir. 

Le dernier diamant

    Le dernier diamant d 'Eric Barbier ( Fr) °
C'est agréable, vu 200 fois, assez bien joué, pas de quoi grimper au plafond mais on passe un bon moment. On se doute que ce dernier diamant est une histoire d'escroquerie qui tournera mal etc... On peut éviter mais ce n'est pas honteux d'y jeter un œil.

lundi 5 mai 2014

Pas son genre

Pas son genre  de Lucas Belvaux (Fr /Bel) °°°
Non ce n'est pas un remake de "la dentelière". Même si le sujet est le même. Ici Emilie Dequenne est rayonnante, magique, spontanée, virevoltante, belle et surtout combattante. Elle comprend très vite que leur amour qui est vrai n'est pas possible quelques soient leurs efforts, leur compromis. Lui ( Loïc Corbery, déjà superbe dans "On ne badine pas avec l'amour au Français) restera de toutes les façons un intello qui ne peut avancer qu'en partageant son savoir pointu, qu'en échangeant avec ses pairs même si l'attrait physique est là. Il peut un soir faire semblant de chanter au karaoké mais refuser "il était une fois" le soir suivant parce que au-dessus de ses forces. Et comme il est lâche de nature il ne pourra jamais s'avouer qu'il lui faut un minimum de "matière". Elle, elle peut dire non, et elle y croit à leur amour mais sait balancer les mots qui fâchent. La scène du carnaval reflète parfaitement leur relation, entre nous on s'assume, on embrasse les amis de la fille mais le contraire n'est pas possible. Cette négation sera l'annonciation d'une fin évidente et magnifiquement construite par Lucas Belvaux. Mention spéciale pour Sandra Nkake parfaite en bonne copine reine de scène.

dimanche 4 mai 2014

Tom à la ferme

  Tom à la ferme de Xavier Dolan ( Canada) °°°
"C'est Tom, c'est moi tom!" Les premières paroles du film restent en suspend, sans écho et reflètent l'état de ce petit bonhomme : un être détruit par la mort de son amant. Il arrive dans la ferme qui est la cause de tous les tourments des protagonistes. Xavier Dolan crée un univers où les sentiments sont exacerbés, dans une mise en scène envoutante. Son monde est dur, cruel, magnétique, attirant-repoussant, sensuel mais fascinant. Dandy de la ville, ébloui comme le lièvre pris dans des phares, devant la sauvage beauté du frère. Le frère, sous la domination d'une mère dont on découvre petit à petit la folie, castratrice, odieuse, infantilisante et sûrement responsable de son mal-être. Le frère qui était très proche du sien - trop proche ? reporte son désir sur Tom comme un retour aux sources ( la scène du tango est formidable, comme d'autres : la fuite dans les champs de maïs, et la venue de Sarah que Tom peut sacrifier par soumission) Le désir et la peur se mêlent, l'un n'existe pas sans l'autre. Mais la magie du film est due aussi au choix de la saison, cette brume automnale, cette lumière froide même à l'intérieur du bâtiment. Et Tom, s'enfuit. Le jeu devenait-il trop risqué ?
Pierre-Yves Cardinal est prodigieux - A découvrir absolument en sachant ce qu'on va voir.

samedi 3 mai 2014

Dans la cour

Dans la cour de Pierre Salvadori (Fr) °°
Il y des fulgurances dans ce film de Pierre Salvadori. Je suis venu voir une comédie et j'ai vu une multitude de drames. Chaque personnage possède une fissure au plafond ( comme celle qui obnubile Catherine Deneuve , géniale comme d'habitude et même plus - il n' y a plus rien à dire sur son talent ,on va la voir et puis c'est tout). Les obsessions de chacun créent une angoisse que les répliques souvent drôles n'arrivent pas à atténuer. Gustave Kerven balade une inquiétude mêlée avec un manque d'envie , d'énergie et s'improvise gardien d'immeuble multifonctionnel jouant les apprentis psy  avec un naturel impressionnant. Tous les seconds rôles apportent une touche qui ajoute au malaise ( Michèle Moretti, Pio Marmaï, Féodor Aktine, Nicolas Bouchaud - la scène de l'aboiement nocturne est vraiment réussie-) seul le personnage serbe et son chien sont un peu trop et mollassonne l'action. Restent les rapports entre Antoine et Mathilde partenaires d'infortune splendides et bouleversants pour magnifier cette histoire étrange mais romanesque. 

vendredi 2 mai 2014

Last days of summer

  Last days of summer de Jason Reitman (U.S) °°
Un bon gros mélo comme on en faisait plus depuis des siècles. C'est attendu, artificiel, mais il y a une musique, une atmosphère, une douceur qui nous bercent avec plaisir. Les interprètes sont excellents Kate Winslet en tête, Josh Brolin ( même si cet homme en cavale ressemble plutôt à un bon samaritain) et surtout Gattlin Griffith jeune homme qui prend en charge une mère un peu dépassée. Le scénario est quasiment inexistant, la mise en scène aussi mais, ce genre de film, une fois de temps en temps, nous change des hommes araignées et autres psychopathes. A voir un jour d'indulgence.