lundi 13 janvier 2014

YSL

 YSL de Jallil Lespert ( Fr) °°
Film à la gloire de Pierre Bergé, et pourquoi pas ? Biopic autorisé dit-on et alors toutes les critiques se sentent autorisées d'en dire du mal épargnant juste les acteurs ( il faudrait être vraiment de mauvaise foi pour les trouver mauvais). Certes le film est de facture classique, mais on nous évite l'enfance en Algérie façon Cloclo c'est déjà ça, un regard par la fenêtre suffit à nous en dire beaucoup. Il a eu la chance d'avoir les vrais vêtements - et il n'en fait rien- c'est faux on ne voit qu'eux, en préparation, aux défilés. Le mimétisme de Niney est absolument sidérant, et nous montre un YSL peut-être génial mais absolument insupportable et invivable, enfant gâté et brûlant la vie par tous les bouts. ( sans jeu de mots, quoique...) Galliène en pilier solide est tout aussi convaincant. Je m'attendais à l'ennui et le film m'a paru très court c'est plutôt bon signe. Et pourtant je ne suis pas tout à fait satisfait donc j'attends pour de bonnes raisons ( "l'apollonide" était génial) le film de Bertrand Bonello que j'adore pour découvrir une autre vision, une autre idée.

jeudi 9 janvier 2014

The spectacular now

 The spectacular now de James Ponsoldt (U.S) °
Le film débute comme un de ces teen movies insupportables que nous pondent régulièrement les américains et d'ailleurs nombre de personnes sont sortis de la salle dépitées. Et pourtant petit à petit se dressent deux portraits touchants d'ados, un garçon bavard, frondeur, charmeur et une petite fille qui s'ouvre gentiment à la vie. Il y a tous les ingrédients connus mais rien n'est exactement comme d'habitude, les maisons, les jardins, les couloirs du lycée, les profs et les jeunes eux-mêmes. Les parents sont absents ou devraient l'être. La dépression collective n'est pas loin, mais le film manque quand même de souffle sur la longueur.

mercredi 8 janvier 2014

Philomena

       Philomena   de Stephen Frears ( G.B / Fr/ U.S) °°°
C'est un festival Judi Dench, toujours parfaite. Après Les Magdalene Sisters de Peter Mullan il y a maintenant une dizaine d'années, Stephen Frears retourne chez les sœurs irlandaises mais le propos reste le même. Il dénonce cette fois-ci le trafic d'enfants, il n'y a pas d'autres mots, entre de riches américains et des sœurs en mal de vengeance d'avoir fait vœu de chasteté et qui  jettent leur haine sur de pauvres jeunes  filles enceintes . Dieu est amour et pardon , on le sait bien.... Philomena a toute sa vie recherché cet enfant qu'on lui a arraché et avec l'aide d' un journaliste, elle va enquêter, remonter les pistes et essayer de jongler avec les mensonges des uns et des autres. La réalisation évite tous les larmoiements, toutes les ficelles du mélo " histoire inspirée de faits réels", elle balance entre émotion et humour même avec un sujet aussi grave. Naïve, simple, courageuse, têtue, tenace mais toujours polie et respectueuse Judi Dench d'abord soumise et fataliste va devenir un poil révoltée, et désireuse de faire savoir mais tout en douceur, elle reste Philomena ....

Lovelace

 Lovelace de Rob Epstein & Jeffrey Friedman ( U.S)°°
C'est une reconstitution simple, classique et juste d'une vie qui ne l'était pas: celle de Linda Lovelace, petite fille incomprise et rejetée par ses parents, qui tombe entre les mains d'un vrai méchant. 17 jours dans le monde du porno ( Gorge profonde) et toute une vie ensuite à la payer chèrement. Amanda Seyfried et Peter Sarsgaard sont vraiment très bons. A découvrir.

samedi 4 janvier 2014

Fruitvale station

Fruitvale station de rayan Coogler (U.S) ¤
On suit les dernières heures d'Oscar Grant, abattu sans raison par la police à la station Fruitvale le 1er Janvier 2009. On s'en rappelle, la scène a été filmée par des voyageurs du train. Bien sûr c'est horrible , d'être au mauvais moment au mauvais endroit mais quand même ....Personne n'a le droit de mourir comme çà, ok, mais l'auteur s'identifie tellement à lui qu'il en fait , justement pendant ces deux jours là , un bon petit gars qui veut absolument s'en sortir, fini le trafic de drogue ( le dernier sachet jeté dans l'océan), et que je m'occupe de ma fille comme jamais, que j'appelle ma maman pour son anniversaire, et que je recâline ma femme, et que je retrouve mes copains pour improviser une danse dans le métro où se retrouve justement la petite dame que j'ai aidée dans la journée à acheter son poisson sans oublier la grand-mère !! Ouf ! C'est plein de bons sentiments, la mère admirable mais ça raconte quoi sur la vie de cet homme? Le film aurait du commencer là où il s'arrête: comment vivre avec ça, que sont devenus les flics auteurs de ce crime ? et répondre à plein d'autres questions, quitte à faire quelques flashbacks ....

vendredi 3 janvier 2014

Aime et fais ce que tu veux

Aime et fais ce que tu veux de Malgoska Szumowska ( Pol) °°°
Encore un film qui ne donne pas une belle image de la Pologne. Il se passe dans un foyer de jeunes hommes difficiles. Ils sont non seulement durs mais racistes ( les juifs en prennent plein la figure), ne supportent pas les différences, le simplet est souvent humilié, alors que dire de l'homosexualité ! Et pourtant courageusement la réalisatrice dénonce ce monde d'hypocrites. Elle avance pas à pas dans cette relation que nouent le prêtre et un jeune homme sosie de Gaspard Ulliel tout en subtilité. L'environnement fait de bêtise, de fascisme crée une atmosphère pesante et malsaine où le drame va forcément arriver. Mais on est troublé par le doux regard de ce garçon, qui allongé sous son drap blanc ressemble à l'image qu'on se fait de Jésus, difficile d'y résister ! A découvrir.

jeudi 2 janvier 2014

Nymphomaniac

 Nymphomaniac I de Lars von trier (Fr/All/Bel/Dan) °
Je suis très partagé sur ce film: autant il se regarde sans ennui ( le sexe est toujours un sujet qui intéresse) contrairement aux deux derniers films de Lars qui étaient insupportables ( Melancholia, et Antichrist) autant il a des côtés agaçants, misogynes, et moralisateurs. D'abord  la confession de Charlotte face à Stellan Skarsgãrd est tout à fait improbable, littéraire et casse la narration, l'introduction d'images pour appuyer le propos montre que von Trier nous prend pour des benêts, et la scène de l'hôpital est débile. Mais il y a de l'humour, seulement on ne sait pas s'il est volontaire ou non, comme avec cette pauvre Uma Thurman. Et d'autres scènes par contre sont poignantes notamment  avec Jérôme ( Shia Labeouf ) mais la réalisation est quand même pauvre et prévisible. A vous de voir.