dimanche 22 décembre 2013

Pierre Huygue

 Pierre Huygue ( Beaubourg) °
L'art est un donné, soit, mais il faut quand même à minima accompagner le visiteur. Cette exposition même si trois œuvres marquent l'esprit: la statue emmiellée, la pierre flottante, et le chien à la patte rose qui déambule dans l'exposition. Le reste laisse indifférent; on essaye de s'introduire dans la vision de l'auteur mais non , l'agencement, la non signalisation, l'absence de toute explication nous laisse extérieur. Dommage, souvent l'œuvre intrigue mais en vain.
 

Suzanne

 Suzanne de Katell Quillévéré ( Fr) °°°
Film magnifique sur une famille. On suit 25 ans de la vie d'une jeune mère fugueuse par les yeux de ceux qui restent, de ceux qui l'aiment. Le père d'abord, bouleversant François Damiens toujours attentif même si son métier exige de longues absences, sa sœur Maria, jouée par Adèle Haenel, la véritable révélation du film, d'un naturel incroyable, qui la protège même si c'est souvent contre productif, de son fils placé dans une famille d'accueil. La réalisatrice nous évite les moments pénibles de Suzanne; on ne saura rien de sa cavale, de ses délits, de ses amours passionnées d'avec Julien ( Paul Hamy de nouveau très bon, après Elle s'en va) Le procès, la prison sont réduits à peu. Seuls les scènes de regards, des amours non-dites impriment l'écran. Ses éclipses font la force du film. Brillant.

samedi 21 décembre 2013

Le géant égoïste

 Le géant égoïste de Clio Barnard ( G.B)°°
Bien sûr on retrouve la Ken Loach's touch, on pense à Kes, mais la comparaison s'arrête là. Même si les jeunes acteurs sont formidables trop, c'est trop. Rien, ni personne, apporte "un je ne sais quoi d'humanité": tout le monde est moche, triste, méchant, déprimé, voleur, drogué. Stop. On sait que la vie des banlieues anglaises est difficile mais il nous faut pour compatir, un peu de respiration. Les familles ont démissionné, l'école a abdiqué, les adultes deviennent des esclavagistes et les flics se déchaussent devant un gamin de dix ans!, au secours. On sait que tout cela va mal finir, le malaise est présent tout le long du film et c'est en cela qu'il reste quand même intéressant, à l'image des canassons: à chaque fois qu'ils apparaissent,  on a peur pour eux, persuadé qu'il va leur arriver malheur. Je ne suis pas tout à fait convaincu, à vous de voir.

jeudi 19 décembre 2013

Les Césars du daniloris

   
Plus que deux semaines avant les Césars du Daniloris. Rendez-vous dès le 1er Janvier. Il reste encore quelques films qui pourraient peut-être changer la donne: Suzanne, Le géant égoïste, Le loup de Wall Street, "tel père, tel fils" donc patience .....

mercredi 18 décembre 2013

All is lost

All is lost de J.C Chandor ( U.S) ¤
Comment dire ? Avez-vous déjà côtoyé l'ennui le plus profond: celui des paupières qui se baissent, du sommeil qui gagne. Problèmes d'insomnie ?: courez voir ce film. Redford a la mine ravagée mais ne semble pas plus perturbé que ça de sa collision avec un container. Il est bourru, muet soit, mais n'exprime aucun sentiment, seuls ses bricolages semblent le sortir d'une torpeur contagieuse. Je suis sorti avant d'attraper le mal de mer. A fuir même en barque ....

lundi 16 décembre 2013

Le cinquième pouvoir.

 Le cinquième pouvoir de Bill Condon ( U.S) °
Faire un film sur le pouvoir des médias, d'internet pouvait sembler une bonne idée mais celui-ci est raté. On n'y apprend rien. La mise en scène est redondante, rapide  et étouffe le spectateur. Trop d'infos incompréhensibles noient l'esprit, pour au final repartir sans en savoir plus sur le phénomène Assange. Seules les interprétations sont à noter. Bof.

samedi 14 décembre 2013

The lunchbox

 The lunchbox de Ritesh Batra ( Inde/ Fr/ All) °°°
Ila prépare tous les jours un délicieux repas pour reconquérir un mari qui la délaisse. Les services de livraisons indiens sont connus pour être les meilleurs du monde, on ne sait pas trop comment cela fonctionne mais ça marche très bien. Seulement cette fois un grain de sable vient dérégler la machine parfaitement huilée et le repas se retrouve chez un homme un peu bourru tout près de la retraite. Et l'homme apprécie, savoure, déguste. Débute une relation épistolaire par boîte à aubergines et autres repas interposés. Loin d'être uniquement une comédie sentimentale, ce film dénonce, en créant un véritable suspense, le rôle des femmes et l'état des lieux en général en Inde avec des trajets en bus, en train assez pittoresques. Il y a un personnage très intéressant: celui d'un garçon qui doit le remplacer à son travail, qui devrait nous être antipathique mais qui au fond devient lui aussi le miroir de ce qui ne va pas. La mise en scène, très travaillée, est subtile en prenant le parti de ne pas nous montrer certains personnages, la voisine ( drôlissisme), le père, puis le mari et en offrant une fin très ouverte. Plaisant et très émouvant, à voir.