mercredi 30 avril 2025

Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé

 
Ce nouvel an qui n'est jamais arrivé de Bogdan Muresanu (Roumanie) °°° 2 H 18

Formidable. 20 décembre 1989, Nicolae Ceausescu va tomber mais personne ne le sait. Surtout pas les cinq personnages que l'on suit en cette journée mémorable. Ils se dépatouillent comme ils peuvent. Entre désespoir et humour ce film est un petit bijou. Une comédienne qu'on oblige à jouer une fanatique du régime, un ouvrier dont le fils a écrit au père Noêl qu'il veut la mort du président comme cadeau à son père (Hilarant), un fils de bourgeois qui fuit vers la frontière etc... C'est jouissif avec mise en scène inventive, tout en tension et pourtant fluide et drôle. Et le final sur une montée du boléro de Ravel est parfait. A voir de suite.

Les fleurs du silence

 

Les fleurs du silence de Will Seefried (Afr du sud) °°° 1 H 39

Sincère et beau. Dans les années 20/30 dans la douceur idyllique de la campagne anglaise, se joue un drame qu'on ne peut soupçonner. Un grand médecin, Eugène Steinach, féru de modernité, nommé 6 fois au Nobel, a imaginé qu'on pouvait guérir son homosexualité en greffant un testicule d'un homme hétéro à la place d'un forcément malade d'un gay. C'est ce que va exiger de son amant un jeune médecin désireux de devenir normal. On plonge dans l'horreur alors que tout était si harmonieux. La folie, la mort guettent. Magnifiquement interprété par Fionn O'Shea, Robert Aramayo, Erin Kellyman et le malheureux Louis Hoffman. A voir absolument.

Les indomptés

 

Les indomptés de Daniel Minahan (U.S) °° 1 H 59

Muriel ( Daisy Edgar-Jones très bien) secrètement attiré par son beau frère (Jacob Elordi aïe, aïe, aïe canon) accepte d'aller s'enterrer dans un pavillon triste d'une banlieue qui l'est encore plus. Son mari ne conçoit la vie que pépère contrairement à son frère qui la croque dans les bras de beaucoup sans en être finalement heureux. Chassé croisé amoureux hyper intéressant, un peu rétro, très sexy, en plein boom du rêve américain. N'oublions pas Will Poulter et Diego Calva). A découvrir.

Les linceuls

 

Les linceuls de David Cronenberg (Canada) ¤ 2 H 00

Nul. C'est rare que je résume un film de la sorte parce qu'il y a toujours quelque chose à gratter mais ici c'est tellement bête qu'on se pose des questions. Qu'y a t-il dans sa tête ? Je suis sûr que les critiques vont continuer à le soutenir en souvenir du passé. Mais c'est trop laid, trop idiot: qui aurait envie de suivre sur écran la décomposition du corps de l'être aimé après sa mort ? Esthétiquement sombre et ambiance paranoïaque cela aurait pu peut-être faire un épisode court de Black Mirror. 

lundi 28 avril 2025

Made in France

 

Made in France (Théâtre de Belleville) °°° 1 H 40

de Samule Valensi & Paul-Eloi Forget

Très belle surprise que cette pièce sur le monde du travail. (Dernière ce soir, regardez s'il reste des places) avec une mise en scène vive, intelligente et de très bons acteurs. Ils sont prêts à tout pour sauver leur usine qui est promise à une fermeture certaine, vu que les dirigeants en ont déjà construit une autre à l'étranger pour la remplacer. Arrive à l'usine un jeune homme en "peine aménagée" qui par hasard est pris pour un brillant syndicaliste qui fera bouger "ou pas" les choses. Vraiment réussi, ce spectacle fait du bien, même s'il charrie toutes les terribles situations de gens démunis. A voir (Ils seront à Avignon cet été).

vendredi 25 avril 2025

Le clan des bêtes

 

Le clan de bêtes de Christopher Andrews (Irl/G.B/Bel) °° 1 H 46

Film très fort, dur, cruel. D'un simple vol de béliers vont s'enchainer des actes violents de plus en plus insupportables. Réflexions sur la culpabilité, sur le pardon ou pas, d'actes anciens mais le réalisateur en ajoute beaucoup, tous les personnages s'enlisent dans la haine, la vengeance jusqu'au-boutiste avec trop de scènes de sang . Dommage parce qu'il des références évidentes mais c'est un film à découvrir.

La chambre de Mariana

 

La chambre de Mariana d'Emmanuel Finkiel (Fr/Hon/Bel/Isr)°°° 2 H 11

1943 en Ukraine. Une jeune mère juive confie à une prostituée son jeune fils qui vivra caché dans une penderie de la maison close. Très beau film où le spectateur entrevoit comme le jeune héros (Artem Kyryk très bien) les scènes de vie, par un trou de serrure, de mur ou entre deux planches. Ou l'on se rend compte que chacun lutte pour sa survie, qu'il n'agit pour le pire ou le meilleur que par peur, par obligation, lâcheté, que ses actions obéissent au moment présent. Mélanie Thierry est absolument prodigieuse, d'une intensité qui dépasse l'entendement ( elle a passé deux ans à apprendre l'ukrainien). On suit l'histoire par le regard de l'enfant, de ce huis clos on ne s'échappe que rarement juste pour découvrir l'horreur mais de cet enfermement le réalisateur va nous emmener vers un semblant d'espoir: le départ des allemands, le changement d'attitude des habitants de la maison, les rêves... Intense. A voir.