vendredi 4 avril 2014

Leçons d'harmonie

 Leçons d'harmonie d 'Emir Baigazin ( Kazakhstan / All / Fr) °°°
Très beau film Kazakh qui donne pas vraiment envie de faire ses études dans ce beau pays démocratique! Dans ce collège règnent les lois de la prison : les plus faibles sont sous le joug des moins  forts qui obéissent aux caïds, ça c'est pour les élèves. Les professeurs eux semblent immuables dans leur enseignement qui aborde indifféremment la philosophie, les maths, la manipulation des armes à feu. C'est surtout la mise en scène, sobre, répétitive mais inventive qui fait la force du film, que ce soit la toilette obsessionnelle du héros Aslan, les ratonnades, les expériences scientifiques souvent drôles, malgré tout, avec les cafards, l'obsession du cadre ( pour la photo) mais aussi sur l'écran, les fenêtres, les vitres, les bocaux. Le chemin vers la zénitude sera long, très long. A voir absolument.

mercredi 2 avril 2014

La crème de la crème

 
La crème de la crème de Kim Chapiron ( Fr) °°
Film extrêmement malin: ce n'est pas un film racoleur sur un réseau de proxénètes en herbe dans les grandes écoles parisiennes, mais un quadruple portait de jeunes étudiants brillants mais piégés par un système qu'ils veulent copier après l'avoir trop bien compris, assimilé et surtout exploité. Trois excellents comédiens servent cette histoire assez passionnante et très bien menée. A découvrir.

Salaud, on t'aime

 Salaud, on t'aime de Claude Lelouch ( Fr) ¤
C'est un autoportrait niais que nous offre Lelouch. Il a une image drôlement bisounours de lui même. Il y a tous les défauts de ses précédents films sans y trouver les qualités qui faisaient l'intérêt de certains d'entre eux. C'est un épisode de la collection Arlequin intitulé "Johny à la montagne". Je suis vieux et malade et je veux voir mes filles de mes cinq femmes avant de mourir. Le problème c'est que c'est mal écrit, pas très bien joué et on n'y croit pas une seule seconde. Poussif, ennuyeux, aucune étincelle. Reste le sourire de Sandrine Bonnaire, c'est peu.

lundi 31 mars 2014

Gérontophilia

  Gérontophilia de Bruce La Bruce ( Canada) °°°
C'est une excellente surprise ! Pas de scènes de sexe explicites dans ce film du sulfureux Bruce, mais une comédie classique qui mêle l'émotion avec une légère audace. On n'est pas dans la tête du jeune homme, du reste tout à fait charmant - qu'on verrait bien sûr avec une personne plus de son âge - mais petit à petit, on se fait à cette " relation- passion" qu'on voit plutôt comme un magnifique accompagnement d'un vieillard vers la mort. Mais surtout La Bruce se révèle un très bon réalisateur : l'amorce de son histoire par un gag hilarant dans la piscine, le mouvement de caméra sur le regard bienveillant de Gandhi avant l'acte amoureux ou les différentes scènes de dragues par des jeunes dans les bars, par exemple. Et quand on tourne les pages de son album de dessins de veilles personnes, elles ne nous semblent plus si laides mais pleines du charme de beautés un peu usées mais pas éteintes. A voir de toutes les façons...

samedi 29 mars 2014

Chris Esquerre

Chris Esquerre  ( Bouffes Parisiens) °°°
Comme il le fait remarquer, son spectacle n'a pas de titre. "L'errance porcine" ou "la balançoire à poulet" me semblaient tout à fait appropriées, deux moments d'anthologie de ce spectacle hilarant. Très bien écrit par le comédien, il nous balade dans l'absurde du quotidien ou même dans le quotidien de l'absurde. Ce sont des théories implacables de justesse et décalées, mais toujours complètement, magnifiquement drôles. Une heure et demie de pur plaisir. Il a une façon bien à lui d'asséner des vérités aberrantes en déclinant des articles de journaux improbables tout à fait réjouissantes comme" Sanglier magasine" ou "côté chat"  Courez voir cet hurluberlu d'urgence.

vendredi 28 mars 2014

Aimer, boire et chanter

 Aimer, boire et chanter d'Alain Resnais ( Fr) °
La forme, la forme, la forme, oui peut-être mais le fond aussi c'est important. Pour son dernier film Resnais rejoue une partition déjà connue. (Smoking ...) Trois couples autour d'un certain "George" personnage atteint d'un cancer, qui vit ses derniers instants et qui va perturber tout ce petit monde en faisant remonter de vieux souvenirs, voir créer quelques nouveaux soucis. Tout est assez prévisible, hélas, et les décors en carton pâte gâchent le peu d'intérêt que le film aurait pu susciter. Aucune situation ne séduit, tout lasse très vite. Dommage pour ce dernier tour de piste. Providence, Mon oncle d'Amérique, La vie est un roman, On connaît la chanson " et quelques autres resteront des chefs d'œuvres et c'est très bien comme ça. Merci M. Resnais. 

Un temps de chien

Un temps de chien de Brigitte Buc ( Montparnasse)°°
Trois filles, l'une abuse de Lexomil arrosé de Cognac, l'autre n'a d'yeux que pour son fils et nie son entourage et la dernière femme au foyer, bon petit soldat au bord de l'implosion se retrouvent par hasard dans une arrière-salle de bistrot tenu par un homme rendu misogyne par son vécu. D'abord houleuses leurs relations vont évoluer selon les sujets abordés par l'auteure. Pas de quoi casser trois pattes à un canard, la pièce se laisse regarder grâce aux actrices en pleine forme: Lemercier, Arbillot & Bernier sans oublier Patrick Catalifo en vieux garçon ronchon. C'est juste fait pour oublier ses soucis, pas plus....