lundi 10 novembre 2025

HPI

 

HPI de Nicolas Jean & Alice Chegaray (Fr) °°° 5 saisons, 40 épisodes

Ne boudons pas notre plaisir, Audrey Fleurot, est formidable dans cette série policière très divertissante, aux intrigues assez bien ficelées. Politiquement très incorrecte, on sent la jubilation des auteurs à quitter les chemins bien tracés du genre. Il faut souligner les interprétations de tous les protagonistes qui font que ce divertissement est un peu plus remarquable que d'autres. On rit souvent, même si la musique s'essouffle au fur et à mesure des saisons. On s'amuse des clichés, on y apprend même des choses. Une assez jolie surprise.




Les braises

 

Les braises de Thomas Kruithof (Fr)°°° 1 H 45

C'est le genre de film qu'on n'a pas envie de voir et qu'on est content d'avoir vu tant il est mesuré, bien écrit, bien joué. On revit l'histoire des gilets jaunes par le prisme d'un couple qui se démène avec la vie de tous les jours: elle (Virginie Efira parfaite) est ouvrière dans une usine agroalimentaire et lui (Arieh Worthalter itou) chauffeur routier. Ils ne vont pas vivre la même histoire. Elle découvre le militantisme, le collectif, le don de soi , ce qui va contredire leur vie amoureuse simple et autocentrée jusqu'au déséquilibre et peut-être jusqu'à la rupture. Un film très politique mais qui semble la contourner, parce que jamais démonstratif, sincère et délicat. A voir.

dimanche 9 novembre 2025

La vague

 

La vague de Sebastiàn Lelio (Chili) ¤

Bien sûr le sujet, bien sûr les bonnes intentions mais comme dirait l'autre, l'enfer en est pavé. Des étudiantes (c'est inspiré des révoltes de 2018, au Chili) s'unissent pour lutter contre les viols et autres agressions sexuelles dans l'université. A part un hakka chorégraphié assez impressionnant au début, le reste déborde de clichés bavards jusqu'au ras-le-bol. On éprouve aucune compassion pour personne et on s'ennuie ferme d'où ma sortie avancée de la salle. 

vendredi 7 novembre 2025

T'as pas changé

 

T'as pas changé de Jérôme Commandeur (Fr) ° 1 H 45

Déçu. L'entreprise était prometteuse mais le résultat assez tristounet. Ce film n'est pas assez bien écrit, pas assez travaillé, du coup ça part en cacahuète. C'est d'abord très long à démarrer (40mn avant un semblant d'intérêt) puis ces retrouvailles d'ex-lycéens commencent à prendre avec tous les traumas d'antan qui resurgissent. Par contre le casting est de rêve (Paradis, Commandeur, Lafitte, Damiens, O. Cote, Zineb Triki, Rufus , Allegret .... et Patricia Kaas.) du gâchis. A vous de voir.

jeudi 6 novembre 2025

Le fantôme de l'Opéra

 

Le fantôme de l'Opéra d'après Gaston Leroux (Théâtre Antoine) °°°

Agréable. La musique de Marc Demais, le livret de Pierre-Yves Lebert et la mise en scène de Julien Alluguette en font un spectacle charmant. C'est une gageure de réduire à 1 h 20 le roman génial de mon auteur préféré (J'ai tous ses livres, certains d'époque, il me manque son autobiographie "Sur mon chemin" si quelqu'un l'a, je suis preneur) On ne retrouve pas évidemment toutes les subtilités du livre, mais les acteurs chantent super bien, jouent joliment la comédie et la soirée passe en un temps record, sur un plateau qui mériterait d'être plus grand, les comédiens sont un peu à l'étroit. Ana Ka est géniale en Carlotta, et Fabian Richard en directeur de Garnier.

Deux procureurs

 

Deux procureurs de Sergei Loznitsa (Fr/All/Hol/Let/Rou/Lit) °° 1 h 58

Un jeune magistrat, tout juste nommé, veut recueillir le témoignage d'un prisonnier politique en URSS sous Staline. 1937. La terreur règne sur le pays mais la naïveté et la pugnacité de ce premier procureur vont ouvrir certaines portes contre l'autoritarisme du régime. (Aleksander Kuznetsov impressionnant). Film assez austère, où l'on se balade comme dans un immense labyrinthe que forment la prison ou le palais du second procureur, on tourne en rond ( cela rappelle le rond point de R. Devos). Dommage qu'on sache de suite ce qui va arriver à ce candide idéaliste. Pourquoi pas. 

dimanche 2 novembre 2025

L'étranger

 

L'étranger de François Ozon (Fr) °°° 2 H 02

Magnifique adaptation de Camus par Ozon. Il nous propose une relecture que chacun pourra percevoir à sa façon. En noir et blanc majestueux, fidèle et parfois non au livre, sans voix off (merci, merci...) cela commence par de longues déambulations muettes, sèches, des regards vides et le silence. Employé de bureau modèle, il prend deux jours de congés pour aller à l'enterrement de sa mère, moment qui ne lui procure aucune émotion comme sa relation avec Marie, sa petite amie qu'il retrouve quelque fois jusqu'au moment où il commet l'acte. "J'ai tué un arabe" qui commence le film, phrase étonnante qui nous explique la situation de l'époque car c'est surtout un film sur la colonisation et les rapports entre arabes et "blancs" replacé dans le contexte historique. Le décors tout en détails le prouve, les historiettes locales aussi, mais bien sûr sous l'œil sensuel (amoureux?) du réalisateur qui, avec Benjamin Voisin, a trouvé l'acteur parfait, charnel, apathique, où existe une attirance homosexuelle avec son voisin (Pierre Lottin) ou un compagnon de cellule, voire l'objet du meurtre? A voir.