samedi 10 février 2018

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vendredi 9 février 2018

Stronger


Stronger de David Gordon Green ( U.S) ° 1 h 59
Caricature américaine. Rescapé de l'attentat de Boston lors du marathon, Jake Gyllenhaal est amputé des deux jambes. Il est le miraculé, le héros. Pendant un moment on croit que le réalisateur veut nous montrer l’Amérique profonde, beauf, la communauté irlandaise qui essaie de profiter de l'événement pour sortir la tête de la misère intellectuelle. Et puis non, malgré Tatiana Maslany, touchante, on vire au portrait larmoyant, pénible, de résilience. Il cabotine, en fait des tonnes, qu'on en est mal à l'aise. Et plus le film avance, plus il devient sirupeux jusqu'au défilé de tous les éclopés de guerre ou autre. Insupportable. Dommage pour Jake, première déception pour cet acteur qui reste un de mes chouchous. Bof.

mercredi 7 février 2018

Jusqu'à la garde


Jusqu'à la garde de Xavier Legrand ( Fr) °°°° 1 h 33
Ce film pour moi flirte avec la perfection, surtout quand on apprend que c'est un premier film. A l'opposé de tout ce que l'on nous propose habituellement. Une histoire banale de divorce, des lieux de banlieue sans âme, des ZUP, des pavillons ordinaires, bref tout ce qui ne devrait pas nous intriguer. Le réalisateur nous cloue dans notre fauteuil, il a l'art de créer des tensions dans tout: dès l'ouverture et la lecture du juge, dans la voiture quand l'enfant ( brillantissime Thomas Giora) s'assied à côté de son père jusqu'à l'anniversaire de sa sœur où l'on tremble de peur, par une larme, un regard. On est  chez Carpenter puis Pialat, c'est un enfer domestique. Léa Drucker est quasi muette, solide mais tétanisée de peur , elle est formidable. Denis Ménochet l'ogre aux pieds d'argile compose une partition magnifique éprouvante. Cela vous prend et ne vous lâche jamais. A voir absolument.

Wonder Wheel


Wonder Wheel de Woody Allen (U.S)° 1h 41
Woody a-t-il encore vraiment quelque chose à nous dire ? Cette histoire d'adultère est d'une banalité sans nom. Bien sûr l'image est belle, la caméra se ballade toujours de jolie façon, mais au final on s'ennuie un peu, malgré Kate Winslet et Juno Temple. Super reconstitution de Coney Island où Jim Belushi s'en donne à cœur joie , c'est lui le véritable intérêt du film. Un petit peu déçu.

Les heures sombres


Les heures sombres de Joe Wright (G.B) °° 2 h 05
Historique et intéressant. Le premier mois de mandat de Winston Churchill. C'est Gary Oldman, méconnaissable, qui s'y colle et c'est tant mieux. Son talent fait oublier l'académisme de la réalisation. Il est entouré de kristin Scott Thomas et pas mal d'acteurs de Downton Abbey ( Lily James) par exemple. Un biopic honnête, trop sage qui a le mérite de nous faire réviser notre histoire. C'est déjà ça, quand on pense à quoi tient l'avenir d'un pays ....

dimanche 4 février 2018

Fortunata


Fortunata de Sergio Castellitto (Italie)°°° 1 h 43
Une vilaine affiche pour un très joli film porté par une actrice formidable Jasmine Trinca. Une femme en instance de divorce se bat tous les jours pour gagner sa vie et celle de sa fille en étant coiffeuse à domicile. Elle s'habille comme l'as de pique, un peu vulgaire mais généreuse et forte elle résiste à son ex, flic beauf blessé dans dans son statut de mâle dominant. Un jour elle rencontre Stefano Accorsi ( toujours aussi craquant) psychologue qui pourrait être son sauveur. C'est un film âcre, généreux, dur où déambulent des personnages loufdingues ( Hanna Schygulla, Alessandro Borghi, des chinoises) mais surtout solaire où plane l'ombre des grands auteurs italiens d'antan. Un peu trop de fausses fins mais ce film est à découvrir.

samedi 3 février 2018

L'insulte


L'insulte de Ziad Doueiri (Liban/Fr) °°° 1 h 53
Beyrouth. Tony (Adel Karam) chrétien maronite, profite d'une gouttière mal placée pour arroser un chef de chantier ( Kamel El Basha) qui passait dessous. Celui-ci la répare sans son accord. L'autre la détruit rageusement et se fait traiter de sale con. Commence la tragédie. Cette insulte n'est rien en comparaison de celle que va recevoir notre palestinien. Il y aura procès. Il y aura déballage de toutes les rancœurs, des tragédies du passé, des blessures intimes qui ne refermeront sans doute jamais. Ce film de procès comme le réalisateur les aime ( il a vu tous les grands films américains) nous tient en halène jusqu'au bout et il nous permet de saisir, même si on ne comprend pas tout, la complexité du vivre au Liban. On y apprend le massacre de Damour en 76 par les palestiniens, celui des palestiniens qui sont obligés de se réfugier à l'étranger, l'on passe d'une vérité à l'autre sans cesse. Il n'escamote rien, ne prend pas parti. La fin est assez subtile. Il a une bonne chance pour l'Oscar. A voir.