samedi 9 décembre 2017

Chambre 113


Chambre 113 (théâtre de Ménilmontant) ° mise en scène Vincent Vittoz
Une comédie musicale dans un hôpital ? Pourquoi pas ! Mais pour cela il faudrait avoir quelque chose à raconter, ou alors aller lorgner du côté de MASH d'Altman, apporter un peu de folie. Ici , nous avons de très bons chanteurs et comédiens qui n'ont rien à défendre. Une femme est tombée dans le comas après un accident et son mari volage culpabilise. Une bluette qui ne passionne pas, à part la chanson présentation du médecin chef très réussie. La mise en scène mollassonne n'arrange rien avec ses panneaux que les comédiens n'arrêtent pas de bouger dans tous les sens et dont les mouvements fatiguent. Bof mais à vous de voir.

vendredi 8 décembre 2017

Un homme intègre


Un homme intègre de Mohammad Rasoulof (Iran) °°° 1 h 58
Aucune échappatoire pour cet homme intègre. Il a quitté Téhéran où il avait déjà eu affaire au système pour élever des poissons rouges dans une ferme à la campagne. Il a une femme et un fils. mais la "Compagnie" reluque sur son terrain et fera tout pour l'éliminer. Entre désespoir et lutte acharnée, Reza va résister contre toute attente et contre tous. On sent qu'il est mal barré de toutes les façons. C'est une diatribe au vitriol du régime iranien, une dénonciation violente de tous les étages de la société. Reza est la personnification du courage de Rasoulof qui aura sans doute du mal à faire un nouveau film. Celui-ci se vit comme un polar haletant et anxiogène. Entre pots de vin, intérêts économique, religieux ( il y a un passage bouleversant avec une famille non musulmane), c'est un véritable cauchemar qui nous remue profondément . Reza Akhlaghirad est parfait dans ce rôle de taiseux bafoué. Et quelle fin! A mourir de rire, s'il est n'était pas aussi terriblement ironique; A voir absolument. 

mercredi 6 décembre 2017

Les gardiennes


Les gardiennes de Xavier Beauvois (Fr) °° 2 h 14
Les femmes travaillent aux champs, les hommes meurent au front. Le film de Xavier Beauvois commence doucement, tranquillement, silencieusement comme le sont souvent les paysans. On a pas besoin de parler. Elles attendent la mauvaise nouvelle. Une permission de l'aîné (Nicolas Giraud) fait deviner les douleurs futures. Puis celle du cadet (Cyril Descours, mon chouchou) va faire que l'intrigue, celle de l’émancipation des femmes, commence, grâce surtout à Iris Bry lumineuse, juste et émouvante et à Laura Smet, son miroir inversé, vraie et vulnérable. Un joli film, le premier d'une longue série pour Iris. A voir.

dimanche 3 décembre 2017

Angels in america


Angels in America de Tony kushner, mise en scène d' Aurélie Van Den Daele . Théâtre de "L'Aquarium"La cartoucherie.°°°° 4 h 20 + entracte 1/2 heure.
J'avais vu la série de Mike Nichols avec Meryl Streep et Al Pacino déjà poignante, mais cela n'a rien à voir avec l'émotion ressentie à l'aquarium devant cette troupe absolument magique. Une claque. Dans les années 80, quelques personnes face au SIDA, des gays bien sûr, mais aussi des hétéros, des hommes de pouvoir, un infirmier, des drag-queen et même un mormon ! Enfin, pour moi. 5 heures de spectacle qui sont passées sans que je m'en rende compte, j'en aurai bien repris une heure. La mise en scène est somptueuse: ce rideau perle en fond de scène qui permet les transparences et qui du coup offre une quantité de sorties possibles est une idée formidable, la pluie de balles, le distributeur ... La cage verre à vue où se multiplient les actions, les lieux. Et la distribution formidable: Antoine Caubet (Roy/Pacino) en tête et tous les autres. C'est un spectacle politique, irrévérencieux, audacieux, poétique aussi, et émouvant , terriblement. Un hommage aux exclus, aux marginaux, à ceux qui aiment la vie, les gens et leurs différences. Courez-voir cette pièce avec peut-être un mouchoir ou deux....

La villa


La villa de Robert Guédiguian (Fr) °°° 1 h 47
Cela commence tout doux, on retrouve avec plaisir nos amis de l'Estaque, ici frères et sœurs, au chevet du père malade, dans une villa qu'il a construite avec tous les amis du village. On se dit même: mais qu'est-ce qu'il va nous dire qu'il ne nous a pas déjà dit? Et puis petit petit arrivent les douleurs, les plaies non refermées, le passé, plutôt les passés qui ne sont les mêmes selon les personnes. On les découvrent au fur et à mesure. Frontalement avec Ariane Ascaride, caché sous un humour douteux pour Jean-Pierre Daroussin, culpabilisant pour Gérard Meylan. Mais ce qui m'a le plus touché c'est le voisinage Genneviève Mnich et Jacques Boudet couple vieillissant avec leur fils médecin ( Yann Trégouët) et Robinson Stevenin qui ressemble de plus en plus à son père, pêcheur amoureux et poète, qui jouent tous une belle partition. Un petit bijou au final qu'on n'a pas vu venir.

Nicole Rieu


Nicole Rieu (Essaïon) °°° 1 h15
Et de 9. C'est le neuvième concert de Nicole auquel j'assiste et c'est toujours aussi émouvant. Petite salle, on commence à reconnaître les spectateurs toujours fidèles. A 68 ans, sa voix monte encore très bien dans les aigus et elle chante toujours la "goutte d'eau" a cappella . Elle propose aujourd'hui de très belles chansons plus engagées sur les problèmes mondiaux ( les migrants, les passeurs, les travailleurs en fond de cale sur les gros bateaux de croisière- ma préférée ) quelques anciennes pour faire plaisir à tous et toujours sur les femmes (Olympes de gouges, l'Indienne etc ...) Julien Rieu de Pey qui l'accompagne et qui arrange les chansons nous a trouvé de nouveaux instruments qui collaient parfaitement avec son univers. Sans doute un jour pour un dixième ....

Le bonhomme de neige


Le bonhomme de neige de Tomas Alfredson ( U.S/ Suède/ G.B) ¤ 1 h 59
Une distribution 4 étoiles pour un film qui reste à faire. Même les efforts désespérés de Fassbender, arrivé sur le tournage au dernier moment pour remplacer l'acteur défaillant, n'arrivent pas à sauver du naufrage ce film de commande.On est très loin de la maîtrise de "Morse". Il y a trop de films à voir pour perdre du temps avec celui-ci.