mercredi 7 juin 2017

HHhH


HHhH de Cédric Jimenez (Fr) °°° 2 h 00
La première heure est vraiment une réussite. L'on suit la genèse du numéro 3 nazi, artisan de la solution finale jusqu'à son assassinat. La mise en scène est prodigieuse, nerveuse, tendue, les mouvements de caméras, les plans, le choix du cadrage , tout est parfait. Il s'interroge sur la naissance du fascisme , sur les racines du mal et c'est passionnant. La deuxième partie est plus convenue en suivant les résistants qui vont commettre l'attentat.C'est sans doute dommage qu'il ne se soit pas centré uniquement sur Heydrich, l'empathie qu'on a pour eux nous détourne de l'horreur mais il fallait bien conclure l'histoire. Très bonne interprétation générale.

L'ombre de Stella


L'ombre de Stella de Pierre Barillet (Rond Point) °°°
avec Denis D'Arcangelo
Sans son complice Grédy, P. Barillet a écrit un monologue savoureux sur une actrice qui traverse le siècle. De ses débuts difficiles, son attitude pendant l'occupation, et ses succès d'après guerre. Tout cela vu par son assistante, actrice elle aussi mais surtout sa confidente, sa costumière, son amie. Enfin ... peut-être, pas tout à fait. D'une extrême mélancolie, quelque fois très drôle mais surtout servi par une très grande actrice Denis d' Arcangelo déjà coupable de Madame Raymonde. Sa gouaille merveilleuse et inimitable fait merveille. Il m'a souvent bouleversé parce que cette relation que nous raconte Mylène son personnage est une véritable histoire d'amour ou  se mêlent l'ambition, la haine, l'amitié, les trahisons. J'ai adoré.

Suntan


Suntan d'Argyris Papadimitripoulos (Gr) °° 1 h 44
Kostis un médecin quarantenaire bedonnant un peu raté arrive sur l'île d'Antiparos. L'hiver c'est mortel mais l'été débarque une faune qui ne pense qu'à la fête et à la baise. Séduit par une patiente peu farouche notre médecin va se laisser éblouir et brûler comme le papillon pris dans la lampe brûlante. Pathétique, cruel, cynique ce film garde pourtant une certaine tendresse pour ses personnages, qui se débattent avec leur misère sexuelle. Dès le début du film se tisse une angoisse qui nous suit jusqu'au final hallucinant digne d'un film d'horreur. Une vraie découverte. Dur mais passionnant.

dimanche 4 juin 2017

L'amant double


L'amant double de François Ozon (Fr) °°1 h 47
Une nouvelle couleur à la palette d'Ozon, le thriller psychologique à la Hitchcock. Dépressive, souffrant de maux de ventre violents Marine Vacth va voir un spy pour essayer de se soigner. Le transfert est plus que réussi puisqu'ils tombent amoureux et s'installent ensemble. Mais la personnalité du médecin se trouble. Il n'est peut-être pas ce qu'il est. Elle continue sa thérapie avec son frère jumeaux et tout se complique. Un film fait de chausses-trappes. le réalisateur se joue de nous  . En adaptant cette histoire  de Joyce Carol Oates il nous montre toutes les facettes de son talent de metteur en scène tout en sortant de sa zone de confort qu'il avait laissée depuis plusieurs films. Très alambiquée et très crue cette histoire est très bien interprétée par Jérémie Rénier formidable et Vatch dans un rôle pas facile du tout. La fin est un peu décevante ( liée à l'histoire elle même) Ce n'est pas mon préféré mais on passe un super moment perdu dans nos supputations. A voir.

Ross Lovergrove


Ross Lovegrove & Imprimer le monde (Beaubourg) °°°
Deux expositions liées par la troisième dimension. Lovergrove est une sorte de sculpteur de technologie. Ses œuvres sont fascinantes de modernité, de beauté, d'une très grande élégance. Chaque objet semble léger quelque soit sa fonction, chaise, voiture, table, vélo, lampe ou ustensiles de cuisine. Très belle surprise que cette première expo consacrée au "disigner". Il faut la compléter par celle qui la jouxte sur les techniques des imprimantes 3D et leurs réalisations incroyables.

Walker Evans


Walker Evans (Beaubourg) °°
Photographe important du XX ème siècle, Evans est le portraitiste de l'Amérique des années 30. Il a influencé les autres de façon indiscutable. Il installe le "Vernaculaire" centrant ses photos sur le quotidien, boutiques, affiches (son père était publicitaire) les rues , les campagnes mais surtout sur des séries de visages figés au naturel, dans le métro, aux docks etc... Il s'oblige à une neutralité qui fige l'émotion dans tous ses clichés, on est peu touché sauf pour les portraits , où là notre imagination est redoublée par cette distance. Les sujets vont vers l'objectif, vers la source. Ce sont principalement que des petits formats. Intéressant mais pas bouleversant.

vendredi 2 juin 2017

Departure


Departure d'Andrew Steggal (G.B / Fr) ° 1 h 49
Le tout début du film, élégant et mystérieux est très réussi après, tout cela se gâte très vite. Les adultes sont insupportables dans leur délire amoureux. L'attirance de l'ado britannique un jeune ado est cousue de fil blanc. Certes il y a quelques photos jolies de la campagne française du sud ouest mais c'est assez chichiteux et décevant. Si vous êtes très indulgent.