vendredi 4 septembre 2026

The holy boy

 

The Holy Boy de Paolo Strippoli (I) °°° 2 H 02

Enfin un film fantastique intelligent même si comme d'habitude je n'ai pas très bien compris la fin. A Rémis, un petit village de montagne, le jeune garçon Matteo semble doté d'un pouvoir divin: ôter l'angoisse des gens par de simples accolades. Tout le village a l'air plutôt heureux. L'arrivée d'un nouveau professeur va changer quelque peu la donne. Mais est-il si bon d'absorber les souffrances des gens sans en subir  aucune conséquence. Conte philosophique sous forme de thriller assez réussi, surtout la première heure. Après c'est plus confus. A voir.

jeudi 3 septembre 2026

The good sister

 

The good sister de Sarah Miro Fischer (All/Esp) °° 1 H 36

Elle adore son frère, c'est un modèle. C'est tout naturellement que, quand elle se fait jeter par sa copine, elle vient squatter chez lui. Et là, elle est peut-être témoin d'un viol de la part de celui-ci. Cela ne fait aucun doute , c'est un malentendu. Mais petit à petit le doute, puis la certitude s'installent. Comment se positionner, comment réagir, elle, la lesbienne, féministe-MeToo. Un questionnement intéressant, sans manichéisme sur la loyauté à soi-même, aux gens qu'on aime, à ces idées. A voir.

mercredi 2 septembre 2026

La frappe

 

La frappe de Julien Gaspar-Oliveri (Fr) °° 1 H 46

Sur le sujet récurant actuellement, un traumatisme d'enfance percutant la vie d'un frère et d'une sœur, le film apporte un ton nouveau. Un père sort de prison et retrouve ses deux enfants. Dès la première rencontre, on sent que quelque chose ne va pas. Puis on n'arrête pas d'imaginer le pire, sans savoir d'où la catastrophe va surgir. Les comédiens sont parfaits: le garçon Enzo, avec une drôle de tête, souriant, respirant la gentillesse et l'envie de bien faire, de bien "être", la fille, Carla, tout en colère pas toujours retenue et le père taiseux respirant le mal sans rien laisser paraître. Très belle mise en scène, très près des corps, des peaux, avec peu de mots, qui sait créer le malaise. A voir.

Salvation

 

Salvation d'Emin Alper (Tur/Fr) °°° 2 h 00
C'est sûr, ce n'est pas une partie de franche rigolade que ce nouveau film d'Alper, mais le réalisateur de "Burning days" nous raconte une nouvelle fois un drame turc terrible. Deux villages proches, l'un en haut d'une colline, l'autre en bas, en Anatolie, se détestent, nourris de vieilles rancœurs que rien ne peut apaiser. Inspiré d'un cinéma de genre, il fleurte avec le fantastique, pour mieux analyser les comportements immuables du genre humain. Religion, fanatisme, jalousie, frustration, tout s'accumule et explose dans un final inévitable, logique, et terriblement débile dans une mise en scène parfaite. A voir. 

mardi 1 septembre 2026

 


Château de St Ouen et expo Ya rayi !

Visite de château (34 ème) à St Ouen , bâti sous la Restauration pour la comtesse du Cayla, comme une villa italienne, où la marquise de Pompadour a habité. En 1973, la délégation vietnamienne y prépare les accords de paix pour arrêter la guerre. En ce moment il y a une petite expo formidable sur la musique Raï, ce qui m'a rappelé mon séjour à Oran et Tlemcen. On y retrouve tous les grands noms (il manque juste une planche sur Rachid Taha). Tout autour il y le parc des Docks  magnifique avec une centaine de parcelles en jardins partagés: bref un bel après-midi. 

lundi 31 août 2026

The whisper man

 

The whisper man de James Ashcroft (U.S) ° 1 h 51

Thriller hyper classique, déjà vu cent fois. Un auteur dont le fils a été enlevé retrouve son père, ancien flic, ( Robert De Niro) pour le retrouver. Cette enquête renvoie à une autre affaire datant d'une autre époque. Aucune originalité, intrigue convenue. Si vous n'avez rien à voir d'autre.

A different man

 

A different man d'Aaron Schimberg (U.S) °° 1 H 52 Netlix

Exercice déconcertant et audacieux, entre comédie et film fantastique qui questionne l'identité par le truchement d'un thriller psychologique. Jeu de miroirs angoissant du monde culturel qui se sert de la souffrance pour créer. Renate Reinsve est décidément partout en ce moment. A voir.

dimanche 30 août 2026

Le poids de l'eau

 

Le poids de l'eau d'Alexandre Testagrossa, mis en scène par lui (A la folie théâtre) ° 

Deux hommes se rencontrent dans les vestiaires d'une piscine et c'est le début d'une amitié qui vacille au gré des confidences, des fragments de vie, de la dureté du passé de chacun. Si le début de la pièce est assez chouette, la suite est beaucoup plus laborieuse, écrite un peu à la hache. Joseph Gabison se donne à fond avec un naturel assez touchant, A. Testagrossa semble moins à l'aise, ne sachant pas trop quoi faire de son corps. C'est maladroit avec un côté touchant. A vous de voir.

samedi 29 août 2026

L'inconnue

 

L'inconnue d'Arthur Harari (Fr) °°° 2 h 20

Assis en bord de rang, prêts à quitter la salle, après avoir lu des dizaines de mauvaises critiques, nous sommes restés jusqu'au bout et avons été emballés. Les deux heures vingt passent très vite, tant on est, à se torturer la tête à bien suivre cette histoire pas si compliquée que ça. Un photographe paumé et solitaire se retrouve dans le corps d'une femme avec qui il a eu un rapport sexuel. Il n'est pas le seul à qui cette mésaventure est arrivée. Commencent évidemment angoisse, questionnements nombreux. Comment réagir, comment se positionner avec les amis, sa famille, que dire, que taire? C'est un film original de facture parce que le sujet, lui, a déjà été maintes fois abordé. C'est sombre, cauchemardesque, étonnant, au cheminement imprévisible. Bref un bon moment de cinéma.

jeudi 27 août 2026

Quinze dias

 

Quinze dias de Daniel Lieff (Arg) ° 1 H 40

Felipe est obèse et souffre de grossophobie , harcelé au lycée et un peu partout. Sa mère accueille chez eux un beau voisin en galère pour quinze jours. Les rapports plutôt difficiles au début vont se transformer en histoire d'amour. C'est plein de bons sentiments, un poil lourdaud ( sans jeu de mot facile), appuyé sans rien d'original. Bof.

The white lotus

 

The white lotus de Mike White (U.S) °° 3 saisons 21 épisodes 

En attendant la saison 4 sur la côte d'Azur avec Vincent Cassel voici les trois premières saisons tout à fait inégales. La première se regarde, la seconde est réussie, la troisième assez mauvaise. Il faut vouloir s'intéresser à des gens très riches en vacances dans de superbes lieux avec leur problèmes de riches. On devrait s'en foutre un peu mais notre côté voyeur est sollicité et bien sûr on succombe, voir souffrir les autres est assez réjouissant. Ce n'est pas la série du siècle mais pourquoi pas.

Dégel

 

Dégel de Manuela Martelli (Chili) °°° 1 H 48

Encore plus intéressant que "Chili 1976" ce film de M. Martelli parle des non-dits. Une fillette en vacances dans l'hôtel de ses grands-parents va être obligée de garder un très lourd secret sur la disparition d'une jeune skieuse allemande, comme la neige qui recouvre tout, métaphore d'une dictature qui étouffe la parole. Très belle mise en scène qui accompagne cette tragédie, où les apparences doivent être sauvées coûte que coûte, à travers le regard d'une petite fille qui comprend déjà tout, les magouilles des adultes, les odeurs politiques, le désespoir d'une mère condamnée à espérer en vain. A voir.

mercredi 26 août 2026

The Dog Stars

 

The Dog Stars de Ridley Scott (U.S) °° 1 h 59

Bien sûr cela fait un épisode de plus dans la longue liste des films postapocalyptiques, après "Last of us" , "The walking dead, " La route" etc... on retrouve ici des actions déjà vues, l'aéroport lieu miracle, l'attaque zombique...  mais Scott a un vrai talent de narration et rend hommage à ce genre de cinéma en y apportant sa pierre. Film sombre où la violence n'est pas que le cœur du récit, où l'on réfléchit sur le mode de vie le plus cool, seul ou mal accompagné? Et pourquoi pas être sauvé par l'amour. La fin mennonite est de trop, dommage parce que Jacob Elordi (beau gosse vraiment touchant dans sa mélancolie à bord de son avion comme  une échappatoire au malheur)  Josh Brolin, Guy Pearce et Margaret Qualley sont tous très bien. Pourquoi pas.

Le guide du parfait gentleman assassin

 
Le guide du parfait gentleman assassin (Théâtre de Palais royal) °°°

de Freedman (livret) & Lutvak (Musique) adapté par Stéphane Lapporte et brillamment mis en scène par Virginie Lemoine. 

D'après le roman de Roy Horniman. On passe un excellent moment avec cette comédie musicale qui rappelle "Le noir de va si bien"  Pacôme-Le poulain, où la mort est sujet à rire. Nous sommes à Londres en 1906, un jeune homme sans le sou apprend par hasard qu'il pourrait être l'héritier de riches nobles qui ont, jadis, brutalisé sa mère. Mais huit autres héritiers le précèdent, il va méthodiquement les éliminer un par un. La mise en scène très inventif, efficace et réussie fait beaucoup pour la pièce avec bien sûr le talent des acteurs Gaëtan Borg (Les funambules, 31, Exit, super chanteur) et surtout Benoît Cauden hilarant dans tous les rôles de le riche famille ( moliérisé avec "Les producteurs" de Michalik). A voir en étant mieux placés que nous.



mardi 25 août 2026

 

La bande dessinée parle cash (Musée de la monnaie) °°°

Très belle et intéressante expo au musée de la monnaie quand la BD parle argent, flouze, oseille, pognon, trésor, aventuriers, voleurs (euses) épargnants (avares), milliardaires, joueurs (euses), faussaires, et de la pierre philosophale. J'ai beaucoup aimé. dépêchez-vous elle finit bientôt.

samedi 22 août 2026

True detective (saison 4)

 

True detective de Nic Pizzolatto (U.S) °° saison 4 , 6 épisodes.

En Alaska, deux femmes détectives enquêtent sur la mort de 8 scientifiques qui travaillaient dans une station de recherche arctique de Tsalal. Récit intime avec une Jodie Foster austère qui fleurte avec le fantastique. C'est assez étouffant, ça manque pas mal de nuance dans le récit. Il faut attendre la fin pour trouver un peu de cohérence entre vieilles histoires personnelles, enquête actuelle, croyances religieuses et vie sociale compliquée qu'implique le lieu du drame. Pourquoi pas.

Oklahoma honey

 

Oklahoma honey de Andrew Patterson (U.S) °°° 2 H 18

En voilà une surprise qu'elle est super bonne! McConaughey ( que j'apprécie moyen d'habitude) revient ressuscité en apiculteur amateur de bluegrass et il est formidable. La première heure est à pisser de rire, d'un humour noir certes mais qui fait tellement de bien. ( la fonte du miel et l'aventure dans le collège on n'est pas près de les oublier). Et puis il y a de beaux moments de poésie simple: le concert improvisé du parking, les abeilles sur le bras de Matthew, un repas entre amis jusqu'au coup de théâtre et le vol des ruches, là, le ton change et on s'embarque dans un thriller sanglant tout aussi passionnant avec une jeune amérindienne Angelina Lookingglass parfaite. C'est un ovni risqué , inventif, maîtrisé, bref du plaisir à revendre. A voir.

mercredi 19 août 2026

Adya et Otto van Rees

 

Adya et Otto van Rees (Musée Montmartre) °°° 

Très belle expo sur des artistes néerlandais inconnus (de moi) qui ont tout partagé: l'amour bien sûr, la peinture, de début des avant-gardes: divisionnisme, cloisonnisme, cubisme etc... avec un retour au réalisme, les deuils aussi ( ils ont perdu leur première fille dans un accident de train). Couple romanesque qui essaie de s'affranchir des codes bourgeois en s'installant dans une maison sans confort, recevant toute l'intelligentsia de l'époque vers Fontainebleau mais aussi à Montmartre au bateau-lavoir. Ils cultiveront leur propre style, en changeant souvent, en expérimentant passant du paysage postimpressionniste au collage, la broderie, la sculpture. Une belle vie artistique réussie.

Fjord

 

Fjord de Cristian Mungiu (Fr/Nor/Rou) °°° 2 H 26

Dérangeant donc passionnant. En Norvège une famille d'origine roumaine perd la garde de ses enfants après un signalement. Certes on peut reprocher au film une sorte de parti pris plutôt favorable à la famille mais je pense que le réalisateur loin de vouloir critiquer le système de protection de l'enfance norvégien met plutôt en exergue la radicalisation systémique de celui-ci. Ce film n'est pas aimable, il tiraille, il trouble le spectateur que nous sommes, il questionne et ça fait du bien. Choc des cultures. Selon son "camp" elle sert ou dessert l'un comme l'autre. Religion, laïcité, vie privée, protection de mineurs , tout y est. Doit-on enquêter puis selon sévir, ou sévir et prendre le temps d'une enquête? Ici ce qui pose problème, c'est la rapidité des sanctions et l'engrenage des choses qui bloquent tout dialogue. D'ailleurs on n'entend jamais la parole des enfants, ni leur souhait. Les mesures de précautions pour le bien de ceux-ci ne vont-elles pas dans le sens opposé, plutôt inhumaines? Faut dire que la représentante de l'assistance sociale n'est pas piquée des hannetons, c'est une sorte de gorgone sans âme, un brin caricatural mais bon, en tant qu'enseignant ( chez nous la démarche est totalement différente) j'ai vu des personnes qui ayant un petit pouvoir se comporter presque pareil. Bref un film à voir absolument ( le casting est parfait) pour en discuter dans nos chaumières.

lundi 17 août 2026

Undertone

 

Undertone de Ian Tuason (Canada) °° 1 H 34

Ce youtubeur canadien de Toronto, brillant, paraît-il, veut nous faire peur, de façon originale par le son, le bruitage en nous obligeant à imaginer des choses que l'on ne voit pas forcément. Le début du film est poussif, on s'ennuie, pour un film d'épouvante c'est un peu ballot, mais au fur et à mesure le podcast envoyé par des auditeurs qu'on écoute chapitre par chapitre fait son effet et l'angoisse s'installe pour de bon. Ce qui est remarquable ici, c'est la mise en scène, avec un lieu unique, trois plans dans une maison ( là, où le réalisateur a veillé ses propres parents malades) il réussit avec inventivité, malice à nous faire frissonner. Pourquoi pas.