samedi 28 février 2026

Claire Tabouret

 

Claire Tabouret: D'un seul souffle (Grand Palais) °°

Choisie pour réalisée six baies du bas côté sud de la nef de Notre Dame Claire Tabouret expose ses maquettes grandeur nature. Création autour de la Pentecôte, six futurs vitraux contemporains conçus avec les ateliers Simon-Marq. Le premier St Joseph, intitulé "Ils se trouvaient tous réunis dans un même lieu" retient l'attention, un cercle d'hommes très bien construit comme une invitation à partager leur recueillement, après faut voir...

Grottesco Eva Jospin

 

Eva Jospin Grottesco (Grand palais) °°

Grotesque. Ce n'est pas le ressenti de l'expo d'Eva Jospin mais son titre, motif de la grotte, avec un rapport avec la découverte de le grotte de Néron ( nom d'un chien) qui présente une paroi rocheuse alambiquée. Fait de carton découpé, travaillé elle construit ponts et monts, une sorte de temple de sybille inspiré par le parthénon de Rome, un petit Duomo etc... Peut-être en réunissant toutes ces petites œuvres, elle pourrait en faire une monumentale intéressante, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé mais par contre ses deux tapisseries couleur en laine m'ont beaucoup plu.

vendredi 27 février 2026

Sebastião Salgado

 

Sebastião Salgado ( Mairie de Paris) °°° 

Magnifique expo du photographe au talent incroyable, comme un documentaire humaniste. Des mines de Bolivie, aux forêts amazoniennes en passant par l'Afrique et sa décolonisation, Paris, s'arrêtant sur les travailleurs de tout pays, les paysages grandioses de l'Antarctique etc... on n'en prend plein les yeux.  Quand on connait son parcours: la reforestation, ses engagements et tout le reste on ne peut que saluer un grand bonhomme. A voir absolument.

Chers parents

 

Chers parents de Emmanuel Patron (Fr) ° 1 H 26

On ne retrouve pas l'esprit très drôle de la pièce et c'est dommage. tout semble téléphoné. Les répliques tombent un peu à côté pourtant la distribution est alléchante. C'est un faux jeu de massacre et qui du coup ne fonctionne pas. Seul, en deux scènes, Bernard Alane apporte un peu de vérité. On peut éviter.

jeudi 26 février 2026

La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob

 

La femme qui n'aimait pas Rabbi Jacob de jean-¨Pierre Daguerre (Petit Montparnasse) °°° 1 H 30

L'incroyable histoire de Danielle Cravenne , femme de Georges, et ami de Gérard Oury qui détourna un avion sur l'aéroport de Nice pour protester contre la sortie du film "Les aventures de Rabbi Jacob" qu'elle trouvait dangereuse vu le contexte de l'époque. Fait étonnant, très bien mis en scène (avec une exploitation de télés qui pour une fois servent à quelque chose) et très bien interprété, avec un Louis de Funès épatant. A voir.

Rue Màlaga

  

Rue Màlaga de Maryam Touzani (Esp/Maroc/Fr/All/Bel) °°° 1 H 56

Bain de jouvence. Maria Angeles, 79 ans, espagnole, a passé toute sa vie rue Malaga, quartier tranquille et commerçant de Tanger. Elle y est bien même si la routine guette. Sa fille débarque de Madrid et parce qu'elle a des problèmes d'argent décide de vendre l'appartement qui lui appartient et de mettre sa mère en Ehpad. C'était sans connaître cette femme qui va se rebeller et vivre une seconde vie. Drôle, tendre, magnifiquement et espièglement joué par Carmen Maura, ce film fait du bien et sous ses airs gentillets a même un côté audacieux: les scènes de nudité sont d'une sensualité rare vu l'âge des amoureux. Un petit régal.

mercredi 25 février 2026

Marty supreme

 

Marty supreme de Josh Safdie (U.S) ° 2 H 29

Eloge de la goujaterie. Cet homme-enfant persuadé d'être un génie du ping-pong et sûr de sa réussite va écraser tout sur son chemin: sa copine, ses amis, ses rencontres quitte à mentir, voler, blesser, tuer etc... c'est affligeant. Certes la performance de Chamalet, dans un rythme effréné et fatigant, est indéniable mais pour défendre quoi? L'appât du gain, la quête de reconnaissance dans un tourbillon insupportable. C'est invraisemblable, bourré de clichés (qu'on reprocherait à quiconque, la sortie sur les camps est à vomir) et tout est l'avenant ( le chien d'Abel Ferrara, la grossesse d'Odessa A'Zion, la femme objet Gwyneth Paltrow à mille lieux de me too, l'ami d'enfance autiste, le copain noir qu'on gruge (et pas rancunier) cela n'en finit pas. On a envie de botter le cul de ce merdeux mais une scène avec une raquette nous venge et sauve le film in extrémis. Petit beurk.

mardi 24 février 2026

Le rêve américain

 

Le rêve américain d'Anthony Marciano (Fr) °° 2 H 01

Deux français aux rêves qui dépassent l'entendement vont devenir des agents des joueurs de la NBA. C'est le genre de film qui d'habitude ne m'intéresse pas, pour différentes raisons, d'abord le basket est pour repoussoir, le modèle américain auquel il faut se plier pour être reconnu, le monde de l'argent etc... mais cette histoire vraie de Jérémy Medjana et Bouna Ndiaye incarnée par Zadi et Quenard tient la route, évite les facilités, décrypte tout le processus sans oublier le côté sombre de la force. Alors oui, pourquoi pas. 

Gourou

 

Gourou de Yann Gozlan (Fr) °° 2 H 06

Sorte de huis clos qui se passe dans de grandes salles de conférences où Matthieu (Pierre Niney assez impressionnant) soulève les foules suivant un mentor américain dans l'affirmation de soi. Tout est en surchauffe , le gourou, les salles, la mise en scène. Une ministre veut imposer des diplômes (qu'il n'a pas) et donc stopperait son ascension. Il utilisera tous les moyens pour arriver à sa fin (ou pas). Personnage très antipathique dont on suit le parcours sans qu'on ait envie qu'il réussisse. Etonnant.



dimanche 22 février 2026

The rip

 

The rip de Joe Carnahan (U.S) ¤ 2 H 13

Le degré zéro du film d'action. Au cœur d'une équipe de flics de Miami, la méfiance s'installe quand ils découvrent une forte somme d'argent dans une planque. Ils n'y comprennent rien, mais on les rasure nous non plus. C'est débile. Passez votre chemin.

Bistromania

 

Bistromania de Marie-Sophie Chambon (Fr) °°° 1 saison, 9 épisodes

Dans le milieu de la grande restauration trois amis, la vingtaine, décident d'ouvrir leur propre restaurant pour  des raisons qui leur sont propres. L'une après cinq ans d'apprentissage souffre physiquement du rythme imposé, de la violence des services, une autre est agressée sexuellement par un chefaillon, une troisième asiatique par timidité ou culturellement ne sait pas dire non et le dernier travaille dans un guide culinaire et veut s'ouvrir aux réseaux sociaux. Vont-ils réussir leur pari: il leur faut un endroit, de l'argent, et tellement d'autres choses que l'entreprise semble impossible. Très belle série dynamique, intéressante et addictive. A voir.

Marsupilami

 

Marsupilami de Philippe Lacheau (Fr) °° 1 H 39

C'est ma foi une assez bonne surprise. Bien sûr cela ne donne pas dans la dentelle mais les gags souvent font mouche. La bande à fifi se frotte aux anciens et ça marche. Le réalisateur privilégie la vitesse, le rythme, le trash. Il y a de grands moments drolatiques, d'autres moins réussis, plus lourdingues mais dans l'ensemble on passe un bon moment. On n'est pas dans la tendresse d'un Chabbat mais dans l'immédiateté du gag. Pourquoi pas.

Nuremberg

 

Nuremberg de James Vanderbilt (U.S) °° 2 H 28

C'est toujours délicat de nos jours de s'emparer d'un tel sujet car au moindre faux pas on vous traite d'antisémite ou votre façon de faire porte à confusion. Je trouve que le réalisateur s'en sort plutôt très bien et évite le grand Guignol, même si deux, trois scènes sont assez appuyées (le quai de gare, les rapports souvent un peu trop too much entre Rémi Malek (Le psy) et Russel Crow ( Göring)). Mais il évite aussi pas mal de piège; sa durée pour une fois ne gène pas trop. Pourquoi pas.

vendredi 20 février 2026

Maigret et le mort amoureux

 

Maigret et le mort amoureux de Pascal Bonitzer (Fr) ° 1 H 18

Qu'on me dise quel est l'intérêt de ce film qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux nombreuses adaptations télévisuelles des années passées. L'intrigue n'accroche pas. On se fout se savoir qui a tué cet ambassadeur. Podalydès est un autre Maigret crédible, Anne Alvaro sobre et inquiétante comme d'hab et quantité de petits rôles complètent des personnages à une seule scène qui n'apporte rien. Bof.

jeudi 19 février 2026

Dans le couloir

 

Dans le couloir de Jean-Claude Grimberg (Théâtre Hébertot) °° 1 H 10

Cela ressemble un peu à du Beckett; un vieux couple, Christine Murillo et Jean-Pierre Darroussin parlent à leur fils enfermé dans sa chambre à travers une porte, sans trop savoir au début s'il est réellement là. Un fils de 40 ans aux cheveux blancs. Il ne répond jamais. Pourquoi on ne le sait pas trop. Il semblerait qu'il accepte de dire quelques mots énigmatiques qui auront peut-être une explication au final. Cruel, drôle, comme la vie des vieux de nos jours, seuls, abandonnés de leurs enfants qui attendent la mort. Pourquoi pas.

Un monde fragile et merveilleux

 

Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris (Liban/U.S/All) °°° 1 H 49

Beyrouth. Un garçon , une fille voisins et amis enfants, se retrouvent adultes dans des conditions drolatiques. Alors que la ville s'écroule, eux, essaient de construire une histoire d'amour dans le chaos ambiant. Avec beaucoup de flashbacks tendres, ce film est bourré d'émotions, d'humour, à la manière d'Ettore Scola de "Nous nous sommes tant aimés". Et le couple vedette Mounia Akl et Hassan Akil sont hyper attachants. A découvrir. 

mercredi 18 février 2026

After the hunt

 

After the hunt de Luca Guadagnino (US) ¤ 2 H 19

Une prof d'université est confrontée à la dénonciation d'une brillante étudiante contre un de ses collègues. Elle-même est détentrice d'un secret qui menace d'être révélé. Après "Bigger splash", "Call me by your name", "Challengers", "Queer", Guadagnino sévit encore une fois avec un film long, vide, bavard, avec une narration poussive, un film sur la cancel culture gâché par la suffisance du réalisateur.


Le mystérieux Regard du flamant rose

 

Le mystérieux Regard du flamant rose de Diego Cespedes (Chili) °° 1 H 49

Dans le désert chilien, au début des années 80, vivent en communauté quelques transsexuels dont certains sont malades du HIV, sous la tutelle de mama Boa, femme forte qui mène tout cela à sa façon. Elle a donné un nom d'animal à toutes, dont Flamenco (Flamant rose) parce qu'elle avait des jambes interminables qui a adopté une petite fille devenue ado. L'entourage les déteste et en a peur. Film étrange, attachant, où l'intolérance n'est que façade et où surtout triomphe l'amour. Entre Almodovar et John Waters. A découvrir.



Promis le ciel

 

Promis le ciel d'Erige Sehiri (Tun) °°° 1 H 32

Film magnifique, très dur, sur des femmes africaines en situation précaire en Tunisie. Trois fois primé à Angoulême. Il tourne autour d'une pasteure ivoirienne (Aïssa Maïga), journaliste qui vit à Tunis et qui héberge une étudiante prometteuse et une maman qui cherche à s'en sortir (Deborah Christelle Lobe Naney absolument géniale de naturel, une force de la nature qui vous arrache des larmes). Trouver sa place quand tout autour de vous n'est que danger, racisme, violence, un sujet traité avec finesse, tendresse  et qui nous bouleverse.

mardi 17 février 2026

Submersion

 

Submersion de Byung-woo Kim (Corée) ¤ 1 h 46

Film "catastrophe" très nul qui imagine la submersion de la Corée sous les eaux qui montent à n'en plus finir. C'est bête, irréaliste et très mal joué. J'avais envie que le fils de l'héroïne se noie tellement il est insupportable. A éviter pour gagner deux heures de temps.

Urchin

 

Urchin de Harris Dickinson (G.B) ° 1 H 39

Je n'ai jamais réussi à éprouver la moindre empathie pour ce paumé insupportable qui épuise toute personne susceptible de l'aider. H. Dickinson n'a pas choisi la facilité pour son premier film. On s'ennuie ferme (j'ai entendu un spectateur ronflé fortement, et je l'ai compris). Du réalisme, de l'onirisme aussi mais trop, c'est trop, cet oursin ne passe pas vraiment.

lundi 16 février 2026

La grazia

 
La grazia de Paolo Sorrentino (I) °° 2 h 13

Terriblement long. Même si j'adore la façon de filmer du réalisateur, ses plans, ses cadres, ses choix de mise en scène pourquoi étirer à l'infini une histoire somme toute très simple. Cela gâche le vrai plaisir qu'on a avec ce film qui raconte les six derniers mois de présidence italienne d'un homme qui devra choisir sur une loi pour l'euthanasie, et la grâce de personnes emprisonnées. Quand même intéressant.

A pied d'œuvre

 

A pied d'œuvre de Valérie Donzelli (Fr) °°° 1 h 32

Enfin un bon film en cette année 2026 et ce n'était pas gagné, vu le sujet: un photographe arrête son métier pour devenir écrivain à plein temps et vivote de petits métiers pour survivre. Pas très folichon mais c'est sans compter sur la réalisation parfaite de Donzelli et le talent de Bastien Bouillon. Un glissement inéluctable vers la précarité sans effet d'aucune sorte. A noter tous les petits rôle sont joués par des comédiens de talent: Ledoyen, Donzelli, P. Katrine, Barazzone, Marie Rivière, Claude Perron, Michel Gondry, Christopher Thompson etc... et surtout André Marcon. A voir.

dimanche 15 février 2026

Aucun autre choix

 

Aucun autre choix de Park Chan-wook (Corée) ° 2 H 19

Après Costa-Gavras, une nouvelle version du "Couperet" de D.E Westlake. Une vision plus trash, plus comique mais pas forcément plus réussie. Pendant la première heure, on s'ennuie ferme et les scènes excentriques et exagérées fatiguent. Tout foire tout le temps et notre héros aura toutes les peines du monde à éliminer la concurrence pour son futur emploi. Même si certaines scènes sont réussies je reste dubitatif. Mais à vous de voir.

samedi 14 février 2026

Le gâteau du président

 
Le gâteau du président de Hasan Hadi (Irak) °° 1 H 42

Un film irakien, ce n'est pas courant aussi on est ravi de pouvoir découvrir le sud de ce pays, une région de marais tout à fait cinématographique. Nous sommes sous le règne de Saddam Hussein dont le culte de la personnalité se voit à chaque image. Pour son anniversaire, il demande aux enfants des écoles de lui faire un gâteau. Pas de chance le titrage au sort désigne Lamia, une bonne élève, mais pauvre qui vivote avec sa grand mère. Commence une chasse à l'ingrédient pour composer ce gâteau épique dans les rues qui va tourner au cauchemar (même s'il y a quelques scènes drôles). On pense à Vittorio de Sica (du vélo) tant les malheurs s'enchaînent sur cette magnifique petite Baneen Ahmad Nayyef qui crève l'écran. A découvrir.

vendredi 13 février 2026

Dreams

 

Dreams de Michel Franco (Mex) °°° 1 H 35

Cynique. Un danseur mexicain franchit clandestinement la frontière U.S pour entrer dans une compagnie de San Francisco et retrouver sa directrice dont il est l'amant. Mais sa présence tant appréciée sexuellement dérange en dehors des ébats. Rapports de force, pouvoir de l'argent, différence sociale, tout ne va pas se passer simplement. Chacun se comportant de façon assez dégueulasse jusqu'à la dernière scène horrible. Dans une mise en scène âpre et sobre, Jessica Chastain et Isaac Hernandez sont parfaits. A découvrir.  

Send help

 

Send help de Sam Raimi (U.S) °° 1 H 53

Jubilatoire. C'est le retour de Sam Raimi qui nous amuse plus qu'il nous effraie avec cette robinsonnade gore. Un patron hors sol, prétentieux et un brin tyrannique se retrouve sur une île déserte après le crash de son avion en compagnie d'une secrétaire qu'il ne peut pas blairer parce que, quoique très compétente et jeune, ressemble plus à Carmen Cru qu'à Margot Robbie. S'en suit une guerre des Roses très réjouissante. Amusant.

jeudi 12 février 2026

Diamanti

 

Diamanti de Ferzan Ozpetek (It) °° 2 H 15

Malgré les critiques pas très élogieuses je trouve ce film généreux et plein de tendresse. Le réalisateur veut rendre hommage aux femmes, surtout aux actrices. Il imagine un atelier de couture où est représenté un panel de femmes ( amoureuse, battue, la cheffe tyrannique, l'alcoolique etc..) mais sans être trop démonstratif. C'est souvent attachant, quelque fois drôle mais toujours intéressant. A découvrir.

The mastemind

 

The mastermind de Kelly Reichardt (U.S) °°° 1 H 50

Très joli film qui s'apprécie petit à petit. Le générique illisible fait craindre le pire, surtout que le début est franchement raté mais dès que l'action ( c'est un grand mot puisqu'il s'agit d'un faux film de braquage) commence on est, encore une fois, sous le charme de Josh O'Connor monstre d'égoïsme même s'il semble ne pas s'en rendre compte, un homme commun, sans qualité qui se rêve cambrioleur et qui s'y jette avec de l'aide de branquignoles à qui je ne confirais pas la garde de mon chat. Amérique moche des années 80, dans le Massachusetts, la réalisatrice déroule sa mélancolie, son cynisme, dans un décors visuel et sonore qui ponctue l'actualité et qui s'amuse avec nous, avec un héros pas à la hauteur, et des seconds rôles qui déjouent tout espoir. La fin est magnifique comme quoi... A découvrir.